Une conversation avec Germaine de Staël : la Révolution au miroir des salons dans l’œuvre romanesque d’Alexandre Dumas

Isabelle Safa

p. 197-225

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Isabelle Safa, « Une conversation avec Germaine de Staël : la Révolution au miroir des salons dans l’œuvre romanesque d’Alexandre Dumas », Cahiers Staëliens, 65 | 2015, 197-225.

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Isabelle Safa, « Une conversation avec Germaine de Staël : la Révolution au miroir des salons dans l’œuvre romanesque d’Alexandre Dumas », Cahiers Staëliens [En ligne], 65 | 2015, mis en ligne le 15 mai 2019, consulté le 29 janvier 2022. URL : https://cahiersstaeliens.edinum.org/91

Figure majeure du débat littéraire et politique au tournant des xviiie et xixe siècles, Germaine de Staël est perçue de manière contradictoire et suscite la controverse1. Entre sa mort en 1817 et le choix de l’Académie française, en 1850, d’un « éloge de Mme de Staël » pour son concours d’éloquence, deux générations d’auteurs, de critiques et de théoriciens politiques sont amenés à se positionner par rapport à une femme dont la réputation d’intrigante de salon et d’amante passionnée a trop souvent minoré, voire occulté, la contribution majeure à la pensée politique comme le talent littéraire. Sa modération et son cosmopolitisme, au moment où la France en pleine tourmente révolutionnaire se (re)découvre une nation, passent pour suspects ; son plaidoyer pour une monarchie constitutionnelle à l’anglaise est disqualifié par les républicains les plus ardents, qui n’y voient qu’une fascination de bourgeoise aveuglée par l’aristocratie. Ironiquement, le parti de la cour, les conservateurs britanniques et, quelques années plus tard, Napoléon, la tiendront pour une redoutable fauteuse de troubles démocrate. Pour les uns et les autres, contemporains comme commentateurs ultérieurs, qu’ils la louent ou qu’ils la blâment, Germaine de Staël est la plupart du temps perçue d’abord en tant que femme : comme telle, elle ne saurait penser qu’avec le cœur, dont les débordements l’empêchent d’atteindre au génie. C’est notamment le jugement que porte sur elle Michelet dans la série de portraits qu’il consacre aux Femmes de la Révolution (1854)2.

Son Histoire de la Révolution3 est une des sources principales – et revendiquées – du cycle romanesque consacré par Alexandre Dumas à cette période4 : Ange Pitou (1850), La Comtesse de Charny (1852), René Besson. Un témoin de la Révolution (1862) et Le Docteur mystérieux (1869) ont pour cadre la période qui va de la prise de la Bastille au début de la Terreur, tandis que Les Blancs et les Bleus (1867) et La Fille du marquis (1869)5 prennent le relais jusqu’au coup d’État du Dix-huit Brumaire, avec une narration centrée sur la Terreur et la réaction thermidorienne. Or, si la lecture de ces romans dans leur chronologie d’écriture fait apparaître une convergence idéologique croissante entre Dumas et Michelet, avec des emprunts qui pourraient confiner au plagiat s’ils n’étaient la plupart du temps signalés, le romancier se démarque de l’historien sur plusieurs points. La représentation de Germaine de Staël fait partie de ces écarts, d’autant plus remarquables que Dumas s’appuie largement sur le portrait micheletien.

Outre les romans déjà mentionnés, Germaine de Staël est évoquée de manière sporadique par Dumas dans son Voyage en Suisse6 et ses Mémoires7. Au premier abord, elle semble n’y tenir qu’un rôle de figurante, au titre de la vraisemblance de la reconstitution historique : loin d’être nécessaire à la construction de l’intrigue, son évocation est la plupart du temps associée à une anecdote ou un bon mot8 que le romancier « recycle » d’une œuvre à l’autre comme autant de marques de l’air du temps. Pourtant, Dumas prend la peine de faire un portrait de Germaine de Staël, dont deux titres de chapitre soulignent, sinon l’influence politique, le crédit en société : « Un ministre à la façon de Mme de Staël » (La Comtesse de Charny, p. 870-878) et « Le salon de Mme la baronne de Staël, ambassadrice de Suède » (Les Blancs et les Bleus, IIe partie, p. 332-344) reprennent le motif des intrigues de salon. Toutefois l’image de G. de Staël, loin d’être aussi négative que chez Michelet, évolue à la fois en fonction de l’époque représentée (1789 puis 1795) et de la chronologie d’écriture des romans, à mesure que s’affirme le républicanisme de Dumas.

En partant de l’hypothèse que cette évocation de G. de Staël traduit les évolutions esthétiques et idéologiques de l’écrivain, on verra dans un premier temps que ce portrait de femme synthétise un demi-siècle de discours sur G. de Staël ; puis que sa pratique des salons est une forme d’action politique ; enfin que la civilité salonnière qu’elle incarne est un idéal sociologique et intellectuel qui traduit le positionnement idéologique de Dumas : libéral teinté de nostalgie aristocratique.

« Tombeau9 » de Germaine de Staël

Les apparitions successives de G. de Staël dans l’œuvre de Dumas ponctuent régulièrement la chronologie révolutionnaire10 en même temps qu’elles permettent de reconstituer un portrait contrasté, reflet d’un ensemble de discours contradictoires dont elle fait l’objet au cours du premier xixe siècle français11. L’évocation de G. de Staël s’accompagne à plusieurs reprises d’une description détaillée, qui balance entre composition picturale classique et topos romantique. Le souci de vraisemblance historique de Dumas justifie sans doute le portrait qu’il fait d’elle sous le Directoire, en pleine mode néo-classique, inspiré peut-être par le peintre Gérard12 :

Elle était vêtue, ce soir-là, d’une robe de velours rouge, tombant, ouverte par les côtés, sur une robe de satin paille ; elle portait un turban de satin jaune, couronné d’un oiseau de paradis, et, entre deux grosses lèvres montrant de belles dents, elle mordait une tige de bruyère en fleur. (Les Blancs et les Bleus, XVI, p. 337)

Le romancier tient au détail floral, qu’il mentionne encore dans Ange Pitou et La Comtesse de Charny. Comme on va le voir, cette esthétique néo-classique est cependant contrebalancée, parfois au sein d’une même description, par des éléments hétérogènes qui contreviennent à l’impératif d’épure formelle.

Lors de sa première apparition dans Ange Pitou, et quoi que celle-ci fut assez brève, G. de Staël fait l’objet d’un titre de chapitre et d’un portrait brossé en quelques traits : le philosophe Gilbert, tout juste rendu à la liberté par la prise de la Bastille, va chercher Necker à Saint-Ouen où il est reçu par la fille du ministre disgracié :

[…] une femme de vingt-trois à vingt-quatre ans, grande et aux formes plutôt nobles que gracieuses, […] dont les traits intelligents et pleins d’expression manquaient absolument de charme ; tête de jeune homme insignifiant et trivial, plutôt que tête de femme […] (AP, XXI, p. 832)

Dumas sacrifie à la convention romanesque du portrait, qui reprend du reste en les condensant un ensemble de caractéristiques physiques soulignées par Benjamin Constant, Michelet et bien d’autres13. L’esquisse est développée dans la Comtesse de Charny, qui fait suite à Ange Pitou. Interrogé par Marie-Antoinette sur ce qu’il « pense de Mme de Staël », Gilbert, dans les règles de l’art, commence par l’évaluer « au physique », puis « au moral », avant d’en venir à « son talent comme écrivain » et comme « femme politique » (CC, CXXIX, p. 870-878). Une fois de plus, le manque de beauté est impitoyablement détaillé : « le nez gros, la taille grosse » ; les gestes « plutôt énergiques que gracieux », la voix « rude, parfois à douter que c’est celle d’une femme » (Id., p. 87514). On est bien loin de l’idéalisation néo-classique. Cette disqualification esthétique n’est cependant qu’apparente si l’on considère que Dumas projette sur un portrait classique des éléments d’esthétique romantique.

Le manque d’harmonie, les forts contrastes – « Avec tout cela, elle a […] un cou de déesse, de magnifiques cheveux noirs, des dents superbes » (CC, Id., p. 875) – produisent un effet d’ensemble saisissant :

Elle n’était pas belle, et cependant il était impossible que l’on passât près d’elle sans la remarquer et sans comprendre que l’on coudoyait une de ces puissantes organisations qui sèment la parole dans le champ de la pensée comme un laboureur prodigue ses menus grains dans le sillon. 
[…]
Matière ou divinité, il y avait là une puissance. (Les Blancs et les Bleus, IIe partie, XVI, p. 337)

Le portrait célèbre surtout l’énergie, valeur cardinale du romantisme, et dénote une nature généreuse. Gilbert admire par ailleurs chez elle « un œil plein de flamme » avant de conclure : « son regard est un monde ! » (CC, CXXIX, p. 875). Au terme de génie, Dumas préfère ici celui de « talent». Malgré ce choix calqué sur Michelet15, les expressions employées rapprochent beaucoup G. de Staël du génie romantique, un type auquel le romancier, dans d’autres œuvres, la ramène souvent, quoi qu’il s’agisse d’un type assez exclusivement masculin. Peut-être parce que Dumas, pétri des préjugés de son temps, ne peut reconnaître le talent littéraire et politique que comme des qualités proprement masculines, exceptionnellement dévolues aux femmes16.

De fait, l’examen de l’ensemble des mentions de G. de Staël par Dumas fait clairement apparaitre une reconnaissance double, politique et littéraire. La créditant d’un « talent hors ligne » en politique (SF,CIX, p.330), il la cite longuement comme caution intellectuelle dans un ouvrage historique où il évoque l’action politique du duc d’Orléans pendant la Révolution17. Il l’a donc lue, et lui reconnaît un jugement politique : « Madame de Staël a raison ». Ailleurs, il salue son talent précoce et polyvalent en rappelant la réputation de G. de Staël auprès de ses contemporains :

[…] la célèbre Mme de Staël, déjà connue en politique par l’influence qu’elle avait prise sur la nomination de M. de Narbonne au Ministère de la guerre, et en littérature par ses lettres enthousiastes sur Jean-Jacques Rousseau. (BB, II, XVI, p. 337)

Elle se retrouve ainsi la seule femme admise par Dumas dans le Panthéon artistique, politique et scientifique de la période révolutionnaire, une exception d’autant plus significative que le romancier reprend une énumération de Michelet où elle ne figure pas18 :

Puis, dans ces trois années privilégiées 68, 69 et 70, [la Révolution] fait naître Chateaubriand, Bonaparte, Hoche, Marceau, Joubert, Cuvier, Saint-Martin, Saint-Simon, les deux Fourier, de Maistre, Bonald, Mme de Staël, Méhul, Lesueur, les Chénier, Geoffroy-Saint-Hilaire, Bichat, Senancourt, Ampère ! qui arrivèrent, de 1792 à 1798, à la maturité de l’âge et du génie. (René Besson, XXIII, p. 227)

Dumas met sur le même plan « Chateaubriand et Madame de Staël, les deux grands poètes de l’époque » (Mes Mémoires, LXXXVII, p. 65819). Cet hommage littéraire, écrit peu après le coup d’État du 2 décembre, se double d’un commentaire politique : « Ce ne fut pas la faute de Bonaparte si les poètes lui manquèrent, quoiqu’il proscrivit trois des premiers de son époque : Chateaubriand, Madame de Staël et Lemercier » (Id., p.645). 

Comme le rappelle S. Tribouillard, « l’image de l’égérie de la liberté se trouve invoquée lors des grands moments de réaction politique20 ». Déçu par le virage autoritaire de Louis-Philippe, Dumas part chercher au bord du lac Léman le souvenir de G. de Staël. Il trouve :

[…] un beau parc où tout le village peut se promener en liberté, et une pauvre femme qui pleure de vraies larmes en parlant de sa maîtresse et en montrant les chambres qu’elle habitait, et où rien ne reste d’elle. Nous demandâmes à voir le bureau qui était encore taché de l’encre de sa plume, le lit qui devait être encore tiède de son dernier soupir ; rien de tout cela n’a été sacré pour la famille : la chambre a été convertie en je ne sais quel salon ; les meubles ont été emportés je ne sais où. Il n’y avait peut-être pas même, dans tout le château, un exemplaire de Delphine.
[…] nous sortîmes de Coppet les larmes aux yeux et le cœur serré. (Alexandre Dumas, Impressions de voyage. En Suisse, V)

Le pèlerinage à Coppet rappelle nécessairement les dix années d’exil imposées par Napoléon à une femme dont il redoutait l’influence21. Ce motif littéraire inscrit G. de Staël, « cette pauvre exilée qui, en face du lac Léman, regrettait son ruisseau de la rue du Bac » (Mes Mémoires, XCVI, p. 723), dans un réseau européen de proscrits, ce qui la consacre comme icône de la liberté. Dumas salue ainsi la fonction d’asile de Coppet, où G. de Staël réunit une « petite cour, moitié politique, moitié littéraire, [qui] ne s’occupa […] que d’une chose, ce fut de secourir, de cacher, de protéger les émigrés contre les persécutions […] » (Id., LII, p. 372).

Le romancier fait l’éloge de la générosité et du dévouement de la baronne de Staël qu’il montre, au plus fort des troubles révolutionnaires, secourant ses amis au mépris de sa propre sécurité : Narbonne et Lally-Tollendal lui doivent d’avoir pu quitter Paris durant les massacres de Septembre, auxquels elle-même n’échappe que grâce à l’intervention du procureur de la Commune22. Dumas la crédite également d’être revenue à Paris pour adresser « au gouvernement révolutionnaire une défense de la reine au moment où la reine fut mise en jugement » (BB, II, XVI, p. 338). Rentrée à Paris après la chute de Robespierre, G. de Staël s’emploie à rayer ses amis de la liste des émigrés. S’il ne fait que l’évoquer (Id., p.338), le romancier développe en revanche dans La Fille du marquis les efforts similaires effectués par Thérésia Cabarrus, maîtresse de Tallien, familière du salon de G. de Staël et, dans le roman, amie de l’héroïne. On peut postuler que Dumas condense, dans un procédé habituel du roman historique, les deux figures féminines dans un seul personnage pour les besoins de l’intrigue. Pour l’une et l’autre, toutes ces démarches passent par les salons : sociabilité et politique se rejoignent.

Cercle ou salon : un lieu emblématique de l’esprit français

Toutes les fois que Dumas mentionne G. de Staël autrement qu’en passant, c’est dans le cadre du mode de sociabilité qui l’a rendue célèbre : les cercles politiques du xviiie siècle et les salons des débuts du xixe siècle23, auxquels le romancier consacre plusieurs tableaux. L’image que retient le romancier est celle de la brillante causeuse et la parfaite hôtesse, qu’il représente G. de Staël dans son cercle aux Feuillants au moment des délibérations de l’Assemblée constituante sur la prérogative royale ou dans son salon de la rue du Bac après Thermidor. Sorti prendre l’air pendant un discours de Barnave, Mirabeau rencontre la baronne, qui lui fait bon accueil en dépit de l’hostilité affichée d’une partie des Feuillants. Il souligne alors le plaisir qu’il prend à une conversation où ils font tous deux assaut de civilité et d’esprit :

[…] il y a près de trois quarts d’heure que j’ai le bonheur de causer avec vous : il y a donc tantôt deux heures que mon accusateur parle ; son discours doit tirer à sa fin, il faut que je lui réponde.
– Allez, dit la baronne, répondez, et bon courage !
– Donnez-moi cette branche de verveine, baronne, dit Mirabeau, elle me servira de talisman.
– La verveine, prenez-y garde, mon cher comte, est l’arbre des libations funèbres !
– Donnez toujours, il est bon d’être couronné comme un martyr quand on descend dans le cirque.
– Le fait est, dit Mme de Staël, qu’il est difficile d’être plus bête que l’Assemblée nationale d’hier.
– Ah ! baronne, répondit Mirabeau, pourquoi dater ? (CC, LXI, p. 412)

La conversation fait partie du charme exercé par la jeune femme, y compris auprès de ses détracteurs. Gilbert en avertit la reine : « Pas un de ses ennemis ne restera son ennemi après l’avoir entendu parler un quart d’heure24» (CC, CXXIX, p. 875). Dumas énonce ici le jugement partagé par nombre de contemporains de la baronne.

G. de Staël fait preuve de la même urbanité dans son salon de la Rue du Bac où elle reçoit, sans distinction de parti, toute l’élite politique et artistique. Attachée aux formes de la politesse aristocratique – Dumas ne la montre jamais usant du tutoiement révolutionnaire –, elle tient à faciliter le commerce des idées. Elle accueille ainsi « par une espèce de convention tacite » d’autres salons à l’intérieur du sien, permettant à Mme Récamier et Mme de Krüdener d’avoir chez elle « une cour à part » (BB. II, XVI, p. 334). Le romancier fait de ce rendez-vous un lieu emblématique de l’esprit français, « qui n’est jamais si vif et si excité en France qu’aux heures du danger » (Id., p. 334) : en dépit de la tension politique relayée, à la veille du 13 Vendémiaire, par certains invités, « la soirée était on ne peut plus brillante » (Ibid., XVI, p. 334). Dumas veut y voir un trait de caractère national, d’accord en cela avec G. de Staël elle-même : « C’est la dernière fois, hélas, où l’esprit français se soit montré dans tout son éclat » écrit-elle à propos de cette période, pour conclure : « On n’a jamais vu ni tant de vie ni tant d’esprit nulle part25».

La description des salons permet au romancier, à travers une galerie de portraits, d’amener les personnages historiques et fictifs à se croiser et de mêler intrigue romanesque et événements historiques. Aux côtés de Benjamin Constant, inquiet de l’agitation des sections parisiennes, et de Fouché, qui l’informe d’un complot de la réaction contre le Directoire, Dumas campe son héros royaliste Coster Saint-Victor. Celui-ci confirme l’affrontement entre les deux factions, évoque l’implication du Breton Cadoudal, chef historique des Chouans et du héros de fiction Morgan, et annonce non sans panache à la cantonade qu’il se battra le lendemain pour le roi (BB, p. 340-344). Dumas conjugue ainsi commodités narratives et objectifs pédagogiques de vulgarisation de l’Histoire : l’arrivée d’un nouvel invité et le récit qu’il est en général prié de faire des derniers événements est l’occasion de rappeler des scènes antérieures, de les éclairer d’un commentaire inédit, ou encore de rapporter une anecdote sans s’appesantir. Au moyen des portraits et des traits d’esprit échangés, le romancier construit des tableaux animés et donne à voir une Histoire vivante, dont il montre à la fois le déroulement et les coulisses.

La politique élaborée dans les salons repose sur une pratique qui s’apparente au cérémonial de la présentation en vigueur à la cour, comme l’illustre le parallèle effectué par le romancier entre les deux époques : « Mme de Staël, qui avait fait un ministre sous la monarchie, était poursuivie du désir d’en faire un sous le Directoire » (Ibid., III, XVI, p. 492). Celui qui convoite un portefeuille doit au préalable se faire admettre dans les cercles influents sous l’égide d’un protecteur. Dumas représente dans ses romans cette porosité des élites intellectuelles et politiques à travers le nouveau projet de G. de Staël, dont il retrace plaisamment toutes les étapes : elle « fait connaître » Talleyrand, qui a su lui plaire, à Benjamin Constant, qui à son tour « l’avait mis en rapport avec Barras », afin que Talleyrand « se fît présenter par Barras » aux autres directeurs. La manœuvre est couronnée de succès :« Il fut convenu qu’on en ferait un ministre des Affaires extérieures » (Ibid., III, XVI, p. 493). La sociabilité des salons permet ces rencontres informelles mais décisives, comme le souligne l’emploi du pronom « on » synonyme de connivence entre les intéressés.

Ce faisant, Dumas reprend en partie les accusations formulées à l’encontre de G. de Staël, taxée d’intrigante de salon26 voire d’alcôve : à la reine qui s’inquiète de l’influence de l’ambassade de Suède dans la nomination du ministre de la Guerre Louis de Narbonne, Gilbert répond qu’il « sort du boudoir de la femme, et non du cabinet du mari. » (CC, CXXIX, p. 876). Le romancier s’inspire une fois de plus du récit de Michelet27. Contrairement à l’historien, qui réduit les motivations de la baronne aux élans du cœur et des sens, Dumas lui reconnaît cependant une ambition politique ; à l’exception notable de la Comtesse de Charny, où il reprend presque mot pour mot le jugement de Michelet28, Dumas s’écarte considérablement de l’historien en affirmant nettement que c’est G. de Staël qui domine Narbonne intellectuellement : elle « avait tenté de lui introduire un peu de son génie dans la tête et un peu de cœur dans la poitrine ; elle échoua » (SF, XXXV, p. 350). Le constat vaut pour Benjamin Constant, qui « n’avait plus rien fait que sous l’inspiration des femmes ; en littérature, elles furent ses maîtres ; en politique, elles furent ses guides. […] madame de Staël, surtout […]. » Dumas conclut, lapidaire, que cette dernière est « sa maîtresse ou plutôt […] son maître » (Mes Mémoires, CLXXX, p. 33529). Le romancier se démarque de la même façon à propos de Manon Roland et Olympe de Gouges, pour le portrait desquelles il s’inspire une fois de plus de Michelet, mais qu’il évoque d’abord comme des têtes politiques quand l’historien intitule le deuxième chapitre de son ouvrage : « Influence des femmes au xviiie siècle – Maternité30». Un romancier plagiaire par commodité ne prendrait pas la peine de faire ces modifications idéologiquement significatives. À travers toutes ces femmes, Dumas entend donc bien donner à voir l’influence politique des salons qu’il tient pour réelle, au rebours de Sainte-Beuve et Michelet qui minorent cette influence et la part qu’y prennent les femmes.

La représentation des salons par Dumas dessine ainsi une configuration politique et des modalités socioculturelles d’action. Son double romanesque Gilbert résume le cas d’école que constitue la nomination de Narbonne : « […] la reine va recevoir […] un ministre façonné par Mme de Staël » (CC, CXXIX, p. 874). La reconstitution romanesque rejoint sur ce point la recherche historiographique, qui confirme la grande réactivité des cercles politiques entre 1789 et 93 puis 1795 et 99. O. Blanc rappelle en outre « les preneurs de décision comme les meneurs d’opinion, à quelque bord qu’ils appartinssent, étaient associés, inspirés voire influencés par les femmes des cercles qu’ils fréquentaient ». Il ajoute que « les femmes, dans ces lieux, ne furent jamais les dernières à faire connaître leurs positions, s’appliquant aussi à favoriser les projets politiques qu’elles avaient à cœur de défendre31». Le salon de la rue du Bac accueille en effet d’anciens Constituants privés de représentation parlementaire comme de nouveaux députés, à travers lesquels l’hôtesse cherche à peser sur l’élaboration de la Constitution de l’an III :

On n’a pas perdu de vue, nous l’espérons, le salon de Mme de Staël ; c’était là, on se le rappelle, que le futur auteur de Corinne faisait une politique presque aussi influente que celle du Luxembourg et de la rue de Clichy.( BB, XVI, III, XVI, p.492)

Par-delà la pratique mondaine, brillante et un peu frivole, Dumas restitue les salons comme les laboratoires idéologiques et politiques qu’ils ont été. Ce faisant, il y projette ses propres interrogations, qui sont celles d’un républicain de sensibilité libérale.

Les salons : un laboratoire idéologique et politique

La représentation romanesque de la civilité des salons fait apparaître les ambiguïtés idéologiques de Dumas. Son républicanisme de principe contraste avec l’expression d’une sensibilité libérale qui n’est pas exempte de nostalgie aristocratique, et dont les passages consacrés à G. de Staël mettent en relief la proximité idéologique avec la « mère de la doctrine32 » libérale.

Les développements de la Révolution, notamment dans sa phase terroriste, sont envisagés au prisme des salons qui fournissent une grille de lecture sociologique de l’événement. Les valeurs de la sociabilité – politesse, naturel, libre expression – sont opposées à Terreur qui contraint le langage, appauvrit les échanges et menace l’ordre social. G. de Staël, choquée par la grossièreté des terroristes, évoque dans ses écrits leur « vulgarité révoltante33 ». Dumas lui prête dans son roman une déclaration similaire :

[…] j’ai horreur du sans-culottisme et des amours vulgaires. Du moment qu’il a été reconnu que la liberté, au lieu d’être la plus belle, la plus chaste des femmes, était une courtisane passant des bras de Marat dans ceux de Danton, et des bras de Danton dans ceux de Robespierre, j’ai tiré ma révérence à votre liberté. Qu’il n’y ait plus de princes, plus de ducs, plus de comtes, plus de marquis, je l’admets encore. C’est un beau titre que celui de citoyen quand il s’adresse à Caton : c’est une noble appellation que celle de citoyenne quand elle s’adresse à Cornélie. Mais les tu, mais les toi avec ma blanchisseuse, mais le brouet lacédémonien dans la même gamelle que mon cocher?… Non, je n’admettrai jamais cela. (BB, II, XVI, p. 337-338)

Les discours sur la Révolution véhiculés par les romans de Dumas sont à l’évidence infléchis par les événements de 1830 et 1848. Les émeutes de juin 1848 lui inspirent en particulier ce commentaire, très proche de la position qu’il attribue à G. de Staël – et qui est effectivement la sienne – : « En 1814, cette chose que je regrettai, c’était la gloire ; en 1830, ce fut la foi ; en 1848, c’était la courtoisie34 ». Il affirme également dans la préface de la Femme au collier de velours vouloir « faire revivre les sociétés éteintes, les hommes disparus, ceux-là qui sentaient l’ambre au lieu de sentir le cigare, qui se donnaient des coups d’épée au lieu de se donner des coups de poing35 ». Leur convergence idéologique s’appuie bien sur une référence partagée à la sociabilité telle qu’elle se pratiquait dans les salons.

C’est également à partir d’une réflexion sur le langage que le romancier et l’essayiste politique analysent la dérive terroriste. Parodiant dans son essai sur la Révolution un « discours de club36 », G. de Staël dénonce les « hypocrisies du langage37 » par lesquelles les révolutionnaires extrémistes justifient des crimes. Dumas recourt à un procédé similaire pour révéler les excès du langage ; il reprend un discours de Robespierre dont il condense les expressions les plus violentes et le réécrit en partie, pastichant les déclarations emphatiques de l’Incorruptible à l’encontre du « modérantisme38 » (CC, CXLIV, p. 962). Le romancier traduit surtout les conséquences concrètes de ce discours pour ses personnages : l’innocent Pitou, qui s’est distingué au moment de la prise de la Bastille, refuse-t-il de massacrer sans discernement ? De « patriote » qu’il était, le voilà « devenu un modéré », puis, par un glissement sémantique dangereux, un « suspect » (CC, Épilogue I, p. 1234).

Entre les révolutionnaires « fanatiques » et les extrémistes du parti de la cour, les partisans de la modération peinent à se faire entendre lorsqu’ils affirment la nécessité de mettre en place des institutions stables. Gilbert, en qui on peut voir un porte-parole du romancier, exhorte en vain la reine au compromis, tant qu’il est encore possible ; face à une foule en colère, il avertit qu’« on ne consolide rien avec la violence et le meurtre » (CC, CLXXXI, p. 1228). Républicain en Amérique où il a combattu avec La Fayette, Gilbert justifie devant Necker son choix d’une monarchie constitutionnelle en France :

Voilà pourquoi, républicain à New-York ou à Philadelphie, je suis royaliste en France. Là-bas, notre dictateur s’appelait Washington. Ici, Dieu sait comment il s’appellera : poignard ou échafaud. (AP, XXI, p.836)

Gilbert espère mettre le roi à la tête du mouvement révolutionnaire naissant comme un « bouclier » (Id.) contre les extrémistes. Sa métaphore aura une traduction juridique : Dumas fait de son personnage le conseiller de Mirabeau, qu’il montre argumentant devant la reine en faveur d’un « pouvoir monarchique réglé par les lois » et sa contrepartie, « la liberté garantie par le pouvoir monarchique » (CC, XLVIII, p. 334). Cette théorisation de l’équilibre des pouvoirs, étonnante de la part d’un « élève de Jean-Jacques » (AP, XXII) comme Gilbert, s’inscrit dans la tradition politique libérale héritée de Montesquieu, à laquelle Dumas affilie aussi G. de Staël : « Apôtre de Rousseau d’abord, après la fuite de son père elle devint disciple de Montesquieu » (DM, XXXIX, p. 376). À un demi-siècle de distance, les violences révolutionnaires disposent les républicains modérés que sont G. de Staël et Dumas en faveur d’un pouvoir garant de l’ordre et à même d’empêcher ce que la baronne nomme « la liberté sans frein, c’est-à-dire [le] despotisme de tous39 » et le romancier « la tyrannie de la Commune » (CC, CLXIV, p. 1086)40.

L’idéal du « citoyen capacitaire41 » et la question de la représentation populaire sont au cœur de l’affrontement entre deux conceptions du gouvernement et de la place dévolue aux élites. Pour Dumas comme pour G. de Staël, accorder la pleine liberté de choix au peuple avant la formation de l’esprit public est à la fois incohérent et dangereux42. S’ils saluent tous les deux l’avènement de la citoyenneté entendue comme égalité des droits pour tous, seuls les gens éclairés doivent voter et exercer le pouvoir. La meilleure preuve de bon sens que le peuple puisse donner est de le reconnaître et laisser l’élite pensante délibérer pour lui. C’est le discours que le romancier fait tenir à Michele, lazzarone (homme du peuple) de Naples, à propos des cercles éclairés que la jeune République parthénopéenne a portés au pouvoir :

La constitution qui doit faire notre bonheur se discute […]. Les savants, comme le chevalier San Felice, le docteur Cirillo, M. Salvato, savent pourquoi les saisons changent ; nous autres imbéciles, nous nous apercevons seulement que nous avons chaud et froid. […] Les savants disent que nous serons heureux sous la république ; ils se réunissent et travaillent à notre bien ; laissons-leur le temps d’accomplir leur ouvrage. (SF, CXII, p. 1018)

La nécessité de conditionner l’égalité des droits politiques à un minimum d’instruction, qui justifie le cens électoral, est de fait, jusqu’à la proclamation du suffrage universel masculin en 1848, une conviction partagée par tous les libéraux.

Outre des hommes qui se sont élevés par l’instruction comme Gilbert, Dumas met en scène dans Ange Pitou et La Comtesse de Charny deux héros qui adhèrent aux principes de 1789 et incarnent à ses yeux le peuple idéal : Billot, un riche fermier, qui, à l’abri du besoin, a le loisir de réfléchir à sa condition, et Pitou, un jeune paysan que Billot a fait son héritier après avoir reconnu son mérite. Gilbert, qui les côtoie, peut déduire de leur parcours que « pour pousser la campagne à la récolte des idées, il faut pousser le paysan à la conquête de la terre. L’homme, en devenant propriétaire, devient libre, et, en devenant libre, il devient meilleur » (AP, XLIII, p. 1000). G. de Staël partage cette conviction, héritée des lumières libérales : « Tout ce qui est un but, et non pas une exclusion, ne saurait être considéré comme un privilège43 ». Les romans de Dumas qui se déroulent pendant la Révolution valident son postulat : la propriété est l’horizon de tous les personnages qui survivent aux événements, quelle que soit leur origine sociale : le modeste médecin Jacques Mérey est à la tête d’une rente confortable (DM), Pitou hérite d’une ferme prospère et rachète un château (CC).

Cette articulation du progrès intellectuel et moral au désir d’ascension sociale que suscite l’abolition des privilèges ne peut toutefois s’opérer si l’on confond l’égalité des droits avec une égalité effective. Quelque peu sceptique à l’égard de l’un des principes fondateurs de la Déclaration des droits de l’homme, Gilbert confie à Necker : « S’il nous faut absolument passer sous le niveau de l’Égalité, choisissons, croyez-moi, celle des grands seigneurs. J’aime l’Égalité qui élève et non pas celle qui abaisse » (AP, XXI, p. 842). Sorti de sa condition inférieure par l’éducation, le jeune homme explique encore à l’ignorante Nicole que « tous les hommes se valent […] seulement la nature ou l’éducation ont mis en eux des valeurs diverses et des facultés différentes44 ». Cet argumentaire, qui fait écho aux propos de Tocqueville sur « l’inégalité des intelligences45 », est au cœur de la conversation de salon que Dumas prête à G. de Staël et Benjamin Constant. La jeune femme y démontre avec élégance sa connaissance du modèle antique cher aux révolutionnaires, pour le retourner plaisamment contre eux :

– Non, vous vous trompez, je vous jure, mon cher Constant, non, je ne suis pas contre la République ; tout au contraire, ceux qui me connaissent savent avec quelle ardeur j’adoptai les principes de 89. […] L’égalité, c’est une belle chose, mais il faudrait s’entendre sur ce que signifie le mot égalité. Si cela signifie que toutes les éducations seront égales, aux frais de la patrie… bien ! que tous les hommes seront égaux devant la loi… très bien ! Mais si cela signifie que tous les citoyens français seront de la même taille au physique et au moral, c’est la loi de Procuste et non pas la proclamation des droits de l’homme. Ayant à choisir entre la Constitution de Lycurgue et celle de Solon, entre Sparte et Athènes, je choisis Athènes, et encore, l’Athènes de Périclès, et non celle de Pisistrate. (BB, II, XVI, p. 337-338)

Ces considérations, pour libérales qu’elles soient, dénotent une certaine proximité conceptuelle avec le discours contre-révolutionnaire qui fustige l’universalisme jugé abstrait des Lumières au nom des particularismes nationaux – mis en avant par G. de Staël dans Corinne46 – et des inégalités naturelles47.

Une représentation qui oscille entre préjugés « genrés » et reconnaissance intellectuelle

Alors que G. de Staël se rallie sincèrement à la république thermidorienne, dans laquelle elle voit un essai de stabilisation politique48, Dumas, de plus en plus influencé par ses sources micheletiennes, la range à tort du côté de la réaction : « Mme de Staël n’avait jamais été véritablement républicaine » (DM, XXXIX, p. 3777). Le romancier inscrit le salon qu’elle rouvre sous le Directoire au cœur d’un réseau d’influence féminine qui œuvre à la contre-révolution :

À peine rentrée, elle avait ouvert son salon et y recevait naturellement tout ce qu’il y avait d’hommes de distinction soit en France, soit à l’étranger. Mais quoique ralliée une des premières aux idées de 1789, soit que la marche des événements, soit que la voix de son cœur eût modifié ses idées, elle poussait de toutes ses forces au retour des émigrés, et demandait si ostensiblement leur radiation, particulièrement celle de M. de Narbonne, que le fameux boucher Legendre l’avait dénoncée à la tribune. (BB, II, XVI, p. 333).

Cette société brillante est associée à un besoin de plaisirs que le romancier assimile un peu rapidement à un relâchement des mœurs :

Il y avait du plaisir pour tous les tempéraments.
Il y avait le Palais-Royal, tout éblouissant d’or et de luxe, où des courtisanes patentées venaient à vous et vous priaient d’être heureux.
Il y avait les salons de Mme de Staël et de Mme de Buffon, où l’on vous permettait de l’être.
Les filles étaient en général pour l’ancien régime, les grands seigneurs payaient mieux évidemment que tous ces nouveaux venus de province arrivés pour faire les affaires de la France.
Les deux salons que nous venons de nommer, sans vouloir faire et sans permettre qu’il soit fait aucune comparaison, tenaient l’autre extrémité de l’échelle sociale, mais, comme les étages inférieurs, avaient une tendance à la réaction (DM, XXXIX, p. 376).

Le romancier semble ici reprendre à son compte les préjugés des contemporains49, redoublés d’une lecture moraliste : la mention des salons entre deux évocations de la prostitution réduit, en dépit de la dénégation de Dumas, la sociabilité salonnière et le débat politique dont elle est le cadre à un commerce douteux.

L’œuvre n’est toutefois pas sans nuances : quand Dumas évoque l’exil à Coppet de G. de Staël, elle apparaît en filigrane comme une sœur des proscrits du Second Empire et même, plus lointainement, des défenseurs des principes de 1789 écartés par Napoléon au nombre desquels figurait le père du romancier. Le portrait contrasté qu’il fait de la salonnière traduit un jugement moins tranché, à bien des égards, que ceux qui ont été portés sur elle par nombre de ses contemporains ainsi que dans la première moitié du xixe siècle. La lecture que Dumas fait de la Révolution au prisme des salons met en évidence le rôle et la portée de la pensée politique de G. de Staël ; en faisant dialoguer cette pensée avec celles de Benjamin Constant et Tocqueville50, il laisse entrevoir la dette considérable de la pensée libérale du xixe siècle à son égard.

1 Stéphanie Tribouillard, Le Tombeau de Madame de Staël. Les discours de la postérité staëlienne en France (1817-1850), Genève, Slatkine, 2007.

2 Jules Michelet, Les Femmes de la Révolution (1854), édition électronique libre de droits, chapitre IX « Les salons. Mme de Staël ». Si Germaine de

3 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française (1847-1853), réed. Paris, Gallimard, 2007, 4 tomes.

4 Voir Isabelle Safa, « Roman historique et histoire romantique : Dumas et Michelet », Du temps retrouvé au temps réfléchi : enjeux idéologiques et

5 Mémoires d’un médecin, 3 vol., éd. C. Schopp, Paris, Robert Laffont,1990 : Joseph Baslamo, Le Collier de la Reine, Ange Pitou (AP) et La Comtesse de

6 Alexandre Dumas, Impressions de voyage. En Suisse (1837), Édition électronique, chapitre V « Le tour du lac ».

7 Alexandre Dumas, Mes Mémoires (1852-1856), édition critique de Claude Schopp, Paris, Robert Laffont, 2 vol., 1989, chapitres LII, p. 367-394 et

8 J. Michelet, Les femmes de la Révolution, op. cit. L’évocation de la naissance prétendument incestueuse de son amant le comte Louis de Narbonne, que

9 Nous empruntons le terme à Stéphanie Tribouillard. Voir note 1.

10 Nous indiquons pour chaque ouvrage la date à laquelle G. de Staël est évoquée, au sein d’une période plus étendue. Ange Pitou : 1789, peu après la

11 Impressions de Voyage en Suisse et Mes Mémoires évoquent la postérité de G. de Staël quinze et trente-cinq ans après sa mort.

12 François Gérard (1770-1837), portraitiste néo-classique, il a notamment immortalisé Juliette Récamier et Mme Tallien. Outre Mme de Staël, qui est

13 Benjamin Constant la dépeint dans son roman Cécile (1794) sous les traits de Mme de Malbée : « Une taille […] trop forte pour être svelte, […] un

14 J. Michelet, op. cit. : « Madame de Staël avait une chose bien cruelle pour une femme ; c’est qu’elle n’était pas belle. Elle avait les traits gros

15 J. Michelet, op. cit., le lui refuse catégoriquement : « Retirons le mot de génie, pourtant ; réservons ce mot sacré. Madame de Staël avait, en

16 A. Dumas, La San Felice, CIX, p. 990 : « Lorsque les femmes n’ont point reçu de la nature quelque talent hors ligne, […] le plus bel éloge que l’on

17 A. Dumas, Le dernier roi des Français, Histoire de la vie politique et privée de 1771-1861, édition électronique Le Joyeux Roger, 2009, p. 33-34.

18 J. Michelet, op. cit., « Tout le monde a remarqué la fécondité singulière des années 1768, 1769 et 1770, si riches en enfants de génie, ces années

19 Il établit le même parallèle que Sainte-Beuve, qui voit en elle et Chateaubriand les inspirateurs de la génération romantique. Voir Sainte-Beuve, «

20 Stéphanie Tribouillard, « Le tombeau de Madame de Staël (1817-1850) : les discours du premier xixe siècle français », L’information littéraire n°1/

21 Considérant son salon comme le centre de ralliement de l’opposition, Napoléon l’exile en 1803 à quarante lieues de Paris, puis la consigne à partir

22 Alexandre Dumas, Histoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, t.2, édition électronique Le Joyeux Roger, 2010, LXII, p. 288 : « Manuel avait encore

23 Voir Olivier Blanc, « Cercles politiques et ‘salons’ du début de la Révolution (1789-1793) », Annales historiques de la Révolution française, 344

24 Dumas reprend Michelet, op. cit., « Il n’y avait pas un ennemi qui pût l’entendre un moment sans dire en sortant, malgré lui : « Oh ! la bonne, la

25 G. de Staël, Considérations sur la Révolution française, Œuvres posthumes de madame la baronne de Staël-Holstein, Paris, Firmin Didot, 1861

26 Les bonapartistes lui sont peu favorables, de même que ceux des libéraux qui, comme Léon Thiessé et Jacques-Charles Bailleul, considèrent qu’il

27 J. Michelet, op cit.. L’historien récuse l’idée que Narbonne « sort […] de l’ambassade de Suède » : « C’était supposer que madame de Staël était

28 Id., « Justement parce qu’elle restait bourgeoise, malgré son talent, sa fortune, son noble entourage, madame de Staël avait la faiblesse d’adorer

29 Ce faisant, il reconnaît le rôle de G. de Staël dans l’élaboration de la pensée de Benjamin Constant, rôle que les études récentes sur le

30 J. Michelet, op. cit. : « […] la femme, à travers la passion, entrevit, adora l’Idée.[…] Elles entrèrent dans les pensées nouvelles par […] les

31 Voir Olivier Blanc, op. cit., p. 63-64.

32 Albert Thibaudet, cité par Lucien Jaume, L’individu effacé ou le paradoxe du libéralisme français, Paris, Fayard, 1997, p. 26.

33 Germaine de Staël, De la littérature, cité par Henri Coulet, « Révolution et roman selon Mme de Staël », Revue d’Histoire de la littérature

34 Cité par Sarah Mombert, « Action politique et fiction romanesque », Hélène Millot et Corinne Saminadayar-Perrin (dir.), 1848, une révolution du

35 Alexandre Dumas, Les Mille et un fantômes, Paris, Gallimard, p. 245.

36 G. de Staël, Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution, éd. L. Omacini, Genève, Droz, p. 295.

37 Id., cité par Henri Coulet, op. cit., p. 652.

38 Robespierre, Aux Fédérés, 14 juillet 1792. Dumas commente le discours pour en souligner la portée sanglante : « Jamais conseil d’assassinat n’a été

39 Récit de G. de Staël au roi de Suède à propos de la chute de la monarchie le 10 août 1792. Cité par M. Winock, op. cit., p. 45.

40 G. de Staël voit d’abord en Bonaparte un possible recours contre les violences populaires, avant de se raviser devant le caractère liberticide du

41 Pierre Rosanvallon, Le moment Guizot, Paris, Gallimard, 1985. Le terme fait référence aux « capacités » évoquées par Guizot chez ceux ont « la

42 G. de Staël estime que « la liberté obtenue avant que l’esprit public ne soit formé » est une « incohérence dans les idées […] qui fait frémir ».

43 G. de Staël, Réflexions sur la paix intérieure, IIe partie « Des républicains amis de l’ordre ». Citée par M. Winock, op. cit., p. 114.

44 A. Dumas, Joseph Balsamo, Paris, Robert Laffont, X, p. 133.

45 Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, Garnier, 1993, t. 2, IIe partie, XIII, p. 173.

46 Henri Coulet, art. cit., p. 658, rappelle le « rôle de la nationalité des personnages » dans l’intrigue.

47 Voir Gérard Gengembre, « Tocqueville, ou le dialogue imaginaire avec la pensée contre-révolutionnaire », La Revue Tocqueville, vol. XXVII, n°2

48 Voir Michel Winock, op. cit., p. 108.

49 Wilhelm Von Humboldt, Journal parisien (1797-1799), traduit de l’allemand par Elisabeth Beyer, préface d’Alberto Manguel, Solin/Actes Sud, 2001, p.

50 Voir Isabelle Safa, op. cit., chapitre IV : « Les ambiguïtés d’un libéral » et « Dumas Tocquevillien ? », p. 264-295.

1 Stéphanie Tribouillard, Le Tombeau de Madame de Staël. Les discours de la postérité staëlienne en France (1817-1850), Genève, Slatkine, 2007.

2 Jules Michelet, Les Femmes de la Révolution (1854), édition électronique libre de droits, chapitre IX « Les salons. Mme de Staël ». Si Germaine de Staël est créditée de « grands besoins de cœur, en proportion de son talent », le jugement d’ensemble est férocement genré : « toujours gouvernée par l’amour », c’est une « personne brillante, éloquente, et pourtant, au total, médiocre […] ».

3 Jules Michelet, Histoire de la Révolution française (1847-1853), réed. Paris, Gallimard, 2007, 4 tomes.

4 Voir Isabelle Safa, « Roman historique et histoire romantique : Dumas et Michelet », Du temps retrouvé au temps réfléchi : enjeux idéologiques et narratologiques de la mise en roman de l’Histoire dans l’œuvre d’Alexandre Dumas, thèse de doctorat dirigée par Gérard Gengembre, soutenue le 27 juin 2013 à l’Université de Caen.

5 Mémoires d’un médecin, 3 vol., éd. C. Schopp, Paris, Robert Laffont,1990 : Joseph Baslamo, Le Collier de la Reine, Ange Pitou (AP) et La Comtesse de Charny (CC) ; René Besson, un témoin de la Révolution, Paris, Éditions François Bourin, 1989 ; Création et Rédemption : Le Docteur mystérieux (DM) et La Fille du marquis (FM), Verviers, Éditions Gérard et Cie, 1966 ; Les Blancs et les Bleus (BB), éd. C. Schopp, Paris, Phébus, 2006.

6 Alexandre Dumas, Impressions de voyage. En Suisse (1837), Édition électronique, chapitre V « Le tour du lac ».

7 Alexandre Dumas, Mes Mémoires (1852-1856), édition critique de Claude Schopp, Paris, Robert Laffont, 2 vol., 1989, chapitres LII, p. 367-394 et LXXXVI, p. 644-653.

8 J. Michelet, Les femmes de la Révolution, op. cit. L’évocation de la naissance prétendument incestueuse de son amant le comte Louis de Narbonne, que Michelet ne juge « pas invraisemblable », revient notamment dans La Comtesse de Charny (CXXIX, p. 870-878), Le Docteur mystérieux (XXXIX, p. 375-383) et La San Felice (SF) ,Paris, Gallimard, 1996 (XXXV, p. 349-360).

9 Nous empruntons le terme à Stéphanie Tribouillard. Voir note 1.

10 Nous indiquons pour chaque ouvrage la date à laquelle G. de Staël est évoquée, au sein d’une période plus étendue. Ange Pitou : 1789, peu après la prise de la Bastille ; La Comtesse de Charny : 1791, quelques jours avant la mort de Mirabeau, puis 1792, la nomination de Narbonne au portefeuille de la Guerre ; Le Docteur mystérieux et la Fille du marquis : 1794, la réaction thermidorienne ; Les Blancs et les Bleus : 1795, à la veille du 18 Fructidor.

11 Impressions de Voyage en Suisse et Mes Mémoires évoquent la postérité de G. de Staël quinze et trente-cinq ans après sa mort.

12 François Gérard (1770-1837), portraitiste néo-classique, il a notamment immortalisé Juliette Récamier et Mme Tallien. Outre Mme de Staël, qui est un portrait posthume, il figure G. de Staël en Corinne au Cap Misène (1819-1821).

13 Benjamin Constant la dépeint dans son roman Cécile (1794) sous les traits de Mme de Malbée : « Une taille […] trop forte pour être svelte, […] un teint peu agréable, les plus beaux yeux du monde, de très beaux bras, […] des mouvements trop rapides et des attitudes trop masculines […] » mais un « ensemble » d’une « séduction irrésistible ». Cité par Michel Winock, Madame de Staël, Paris, Fayard, 2010, p. 39.

14 J. Michelet, op. cit. : « Madame de Staël avait une chose bien cruelle pour une femme ; c’est qu’elle n’était pas belle. Elle avait les traits gros, et le nez surtout. Elle avait la taille assez forte, la peau d’une qualité médiocrement attirante. Ses gestes étaient plutôt énergiques que gracieux ; debout, les mains derrière le dos, devant une cheminée, elle dominait un salon, d’une attitude virile, d’une parole puissante, qui contrastait fort avec le ton de son sexe, et parfois aurait fait douter un peu qu’elle fût une femme ».

15 J. Michelet, op. cit., le lui refuse catégoriquement : « Retirons le mot de génie, pourtant ; réservons ce mot sacré. Madame de Staël avait, en réalité, un grand, un immense talent, et dont la source était au cœur ». Dumas reprend et condense le propos : « Mme de Staël a un grand et immense talent, mais qui ne s’élève pas jusqu’au génie […] ».

16 A. Dumas, La San Felice, CIX, p. 990 : « Lorsque les femmes n’ont point reçu de la nature quelque talent hors ligne, […] le plus bel éloge que l’on puisse faire d’elles est de dire qu’elles étaient de chastes épouses et d’irréprochables mères de famille. Domum mansit, lanam fecit, disaient les Anciens : Elle garda la maison et fila de la laine, et tout était dit ». 

17 A. Dumas, Le dernier roi des Français, Histoire de la vie politique et privée de 1771-1861, édition électronique Le Joyeux Roger, 2009, p. 33-34. Le passage cité est tiré des Considérations sur la Révolution française, Bruxelles, Auguste Wahlen et cie, 1820, t.1, chapitre VI, p. 237.

18 J. Michelet, op. cit., « Tout le monde a remarqué la fécondité singulière des années 1768, 1769 et 1770, si riches en enfants de génie, ces années qui produisent les Bonaparte, les Fourier, les Saint-Simon, les Chateaubriand, les de Maistre, les Walter Scott, les Cuvier, les Geoffroy Saint-Hilaire, les Bichat, les Ampère, un incroyable flot d’inventeurs dans les sciences ».

19 Il établit le même parallèle que Sainte-Beuve, qui voit en elle et Chateaubriand les inspirateurs de la génération romantique. Voir Sainte-Beuve, « Madame de Staël », Portraits de femmes, Paris, Gallimard,1998.

20 Stéphanie Tribouillard, « Le tombeau de Madame de Staël (1817-1850) : les discours du premier xixe siècle français », L’information littéraire n°1/2007, p. 40.

21 Considérant son salon comme le centre de ralliement de l’opposition, Napoléon l’exile en 1803 à quarante lieues de Paris, puis la consigne à partir de 1810 dans son château à Coppet.

22 Alexandre Dumas, Histoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, t.2, édition électronique Le Joyeux Roger, 2010, LXII, p. 288 : « Manuel avait encore sauvé Madame de Staël, que n’aurait pas protégée son titre d’ambassadrice de Suède ».

23 Voir Olivier Blanc, « Cercles politiques et ‘salons’ du début de la Révolution (1789-1793) », Annales historiques de la Révolution française, 344, avril-juin 2006, p. 63-92 ; Antoine Lilti, Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au xviiie siècle, Paris, Fayard, 2005. Contrairement à A. Lilti qui le définit comme un cercle mondain, O. Blanc distingue le salon des autres lieux de sociabilité en tant que « club d’activistes contre-révolutionnaires ». C’est ce deuxième sens que Dumas privilégie dans ses romans.

24 Dumas reprend Michelet, op. cit., « Il n’y avait pas un ennemi qui pût l’entendre un moment sans dire en sortant, malgré lui : « Oh ! la bonne, la noble, l’excellente femme ! »

25 G. de Staël, Considérations sur la Révolution française, Œuvres posthumes de madame la baronne de Staël-Holstein, Paris, Firmin Didot, 1861, chapitre XVII, p. 141.

26 Les bonapartistes lui sont peu favorables, de même que ceux des libéraux qui, comme Léon Thiessé et Jacques-Charles Bailleul, considèrent qu’il faut accepter la Révolution comme un tout. Michelet la discrédite en raison de son entourage politique. Voir Stéphanie Tribouillard, op. cit.

27 J. Michelet, op cit.. L’historien récuse l’idée que Narbonne « sort […] de l’ambassade de Suède » : « C’était supposer que madame de Staël était véritablement la femme de son mari, qu’elle agissait pour M. de Staël et d’après les instructions de sa cour ; supposition ridicule, quand on la voyait si publiquement éperdue d’amour pour Narbonne, impatiente de l’illustrer ».

28 Id., « Justement parce qu’elle restait bourgeoise, malgré son talent, sa fortune, son noble entourage, madame de Staël avait la faiblesse d’adorer les grands seigneurs. Elle admire les Anglais parce qu’elle croit le peuple anglais un peuple éminemment aristocrate ». Dumas reprend cette phrase pour ajouter, à propos de Narbonne : « Deux amours sont combinés : l’amour de l’aristocratie et l’amour de l’aristocrate » (CC, p. 876).

29 Ce faisant, il reconnaît le rôle de G. de Staël dans l’élaboration de la pensée de Benjamin Constant, rôle que les études récentes sur le libéralisme français du xixe siècle ont mis en évidence. Voir notamment Lucien Jaume (dir.), Coppet, Creuset de l’esprit libéral, les idées politiques et constitutionnelles du groupe de Mme de Staël, Paris, Éditions Economica, 2000.

30 J. Michelet, op. cit. : « […] la femme, à travers la passion, entrevit, adora l’Idée.
[…] Elles entrèrent dans les pensées nouvelles par […] les espérances, les vœux de la maternité ».

31 Voir Olivier Blanc, op. cit., p. 63-64.

32 Albert Thibaudet, cité par Lucien Jaume, L’individu effacé ou le paradoxe du libéralisme français, Paris, Fayard, 1997, p. 26.

33 Germaine de Staël, De la littérature, cité par Henri Coulet, « Révolution et roman selon Mme de Staël », Revue d’Histoire de la littérature française, n°4, 1987, p. 653.

34 Cité par Sarah Mombert, « Action politique et fiction romanesque », Hélène Millot et Corinne Saminadayar-Perrin (dir.), 1848, une révolution du discours, Saint-Étienne, édition des Cahiers intempestifs, 2001, p. 171-189.

35 Alexandre Dumas, Les Mille et un fantômes, Paris, Gallimard, p. 245.

36 G. de Staël, Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution, éd. L. Omacini, Genève, Droz, p. 295.

37 Id., cité par Henri Coulet, op. cit., p. 652.

38 Robespierre, Aux Fédérés, 14 juillet 1792. Dumas commente le discours pour en souligner la portée sanglante : « Jamais conseil d’assassinat n’a été donné en termes plus positifs [...] ».

39 Récit de G. de Staël au roi de Suède à propos de la chute de la monarchie le 10 août 1792. Cité par M. Winock, op. cit., p. 45.

40 G. de Staël voit d’abord en Bonaparte un possible recours contre les violences populaires, avant de se raviser devant le caractère liberticide du régime. Dumas commet la même erreur vis-à-vis du parti de l’Ordre après les émeutes de juin 1848.

41 Pierre Rosanvallon, Le moment Guizot, Paris, Gallimard, 1985. Le terme fait référence aux « capacités » évoquées par Guizot chez ceux ont « la faculté d’agir selon la raison », seuls à même de jouir de droits politiques.

42 G. de Staël estime que « la liberté obtenue avant que l’esprit public ne soit formé » est une « incohérence dans les idées […] qui fait frémir ». Citée par Michel Winock, op. cit., p. 45.

43 G. de Staël, Réflexions sur la paix intérieure, IIe partie « Des républicains amis de l’ordre ». Citée par M. Winock, op. cit., p. 114.

44 A. Dumas, Joseph Balsamo, Paris, Robert Laffont, X, p. 133.

45 Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, Garnier, 1993, t. 2, IIe partie, XIII, p. 173.

46 Henri Coulet, art. cit., p. 658, rappelle le « rôle de la nationalité des personnages » dans l’intrigue.

47 Voir Gérard Gengembre, « Tocqueville, ou le dialogue imaginaire avec la pensée contre-révolutionnaire », La Revue Tocqueville, vol. XXVII, n°2, Presses de l’Université de Toronto, 2006.

48 Voir Michel Winock, op. cit., p. 108.

49 Wilhelm Von Humboldt, Journal parisien (1797-1799), traduit de l’allemand par Elisabeth Beyer, préface d’Alberto Manguel, Solin/Actes Sud, 2001, p. 165 : « […] du 9 thermidor au 13 vendémiaire, la réaction fut principalement organisée par les femmes. » Cité par O. Blanc, art. cit., p. 90.

50 Voir Isabelle Safa, op. cit., chapitre IV : « Les ambiguïtés d’un libéral » et « Dumas Tocquevillien ? », p. 264-295.

Isabelle Safa

Université de Caen