Regards sur la correspondance anglaise d’Auguste de Staël

Julien Landel

p. 187-201

Citer cet article

Référence papier

Julien Landel, « Regards sur la correspondance anglaise d’Auguste de Staël », Cahiers Staëliens, 68 | 2018, 187-201.

Référence électronique

Julien Landel, « Regards sur la correspondance anglaise d’Auguste de Staël », Cahiers Staëliens [En ligne], 68 | 2018, mis en ligne le 15 avril 2019, consulté le 03 décembre 2020. URL : https://cahiersstaeliens.edinum.org/200

La parution en 1825 de ses Lettres sur l’Angleterre place de facto Auguste de Staël dans le camp des libéraux, admirateurs des institutions britanniques1. Charles de Rémusat précise dans ses mémoires que son « véritable ami2 » connaissait parfaitement l’Angleterre et avait même « quelques-unes des qualités d’un Anglais : la sincérité, la cordialité, l’amour du bien et le désir de le réaliser, le goût des choses positives et l’intelligence qui adapte les moyens au but3 ». Sir Walter Scott affirmait que le baron de Staël fut le seul étranger qui puisse parler anglais comme un Anglais4. Dans ces propos rapportés après sa mort en 1827 apparaissent les contours d’un homme façonné par l’itinérance européenne familiale qui fut celle de son enfance et de son adolescence et par l’apprentissage des langues qu’il maîtrisait parfaitement. Dès 1813, lors de l’exil anglais de sa mère, il effectue un tour du pays5. Après 1817, reprenant le flambeau maternel, il s’attache à conserver des liens outre-Manche qui lui seront particulièrement utiles lors de son séjour à Londres en 1822 avec son beau-frère le duc de Broglie6 ou en 1824 et 1826, lorsqu’il décide de poursuivre ses observations des sociétés charitables. Ainsi, le premier volume des Lettres sur l’Angleterre dessine un portrait précis des institutions et de la presse et un deuxième volet, inachevé, devait traiter des questions religieuses7. On perçoit la teneur de ce dernier volume dans certains de ses écrits, tel son pamphlet contre l’arrêté du Conseil d’État du canton de Vaud à l’encontre des protestants évangéliques, surnommés momiers . Auguste de Staël y prend la défense des méthodistes au nom de la tolérance et de son engagement au sein du Réveil protestant, tout en affirmant très clairement son admiration pour le modèle anglais8. Mais les liens qui l’unissent à la société britannique sont d’abord et avant tout humains. Ce sont principalement des liens d’amitié, liés à ses engagements abolitionnistes et religieux, dont témoigne sa correspondance anglaise. L’étude que nous proposons ici, à partir d’un corpus de trente-neuf lettres inédites entre Auguste de Staël et les frères Macaulay conservées dans les archives de Coppet9, met en évidence l’existence d’un réseau franco-anglais particulièrement dense. Les sujets évoqués dans cette correspondance permettent de cerner le rôle du fils de Germaine de Staël au sein du protestantisme francophone et des milieux abolitionnistes au cours des années 1820.

Les lettres des frères Macaulay révèlent tout d’abord la construction au fil des années d’un véritable réseau autour d’Auguste de Staël. En octobre 1821, quelques mois avant son départ pour l’Angleterre, ce dernier reçoit trois lettres du général Colin Macaulay (1760-1836)10. Cet hôte régulier de Coppet est un ami de longue date de Germaine de Staël. Proche de Sir William Wilberforce et de Sir James Mackintosh11, il fut général de l’armée des Indes. À la même époque, Albertine de Broglie évoque sa présence en Suisse dans ses propres lettres adressées à Wilberforce12. C’est cependant la rencontre avec son frère, Zachary Macaulay, qui va se révéler être le début d’une correspondance suivie. Trente-trois lettres conservées portent sa signature entre le 26 juin 1822 et le 7 avril 1827. Mais c’est dans les lettres adressées à son épouse Selina13 qu’est évoquée sa rencontre avec Auguste de Staël lors d’un déjeuner chez Wilberforce14 ; ce même déjeuner est raconté par Victor de Broglie dans ses souvenirs : « Je fis connaissance avec le frère du Général, Zachary Macaulay, le plus ardent, à cette époque, des adversaires de la traite et plus tard de l’esclavage15 ». Rapidement, les trois hommes se lient d’amitié et le 4 juin, Zachary mentionne à sa femme une séance du Political Economy Club où il accompagne les deux Français. Macaulay est alors une personnalité déjà célèbre, dont on peut suggérer un portrait physique grâce à la description faite par l’office des passeports de Calais lors d’un séjour effectué en France en 1820 :

Agé de 52 ans, taille d’un mètre 70 centimètres, cheveux bruns, front haut, sourcils bruns, yeux gris bruns, nez moyen, bouche moyenne, barbe brune, menton rond, visage ovale, teint ordinaire16.

Rien d’ordinaire cependant chez cet homme qui découvre les ravages de l’esclavage dès l’âge de seize ans en tant qu’agent comptable dans une plantation sucrière de Jamaïque. Participant aux premières pétitions contre la traite orchestrées par Wilberforce, il est nommé en 1793 gouverneur de la toute jeune colonie du Sierra Leone et rentre définitivement en Angleterre en 1799. Membre actif de la Secte de Clapham17, il collabore au Christian Observer dont il devient le rédacteur en chef entre 1802 et 1816 puis participe à la fondation en 1823 de l’Anti-Slavery Society avant de s’engager au sein de plusieurs associations protestantes dont la célèbre British and Foreign Bible Society (BFBS). Son portrait figure aux côtés des principaux acteurs de la lutte pour l’abolition de la traite et de l’esclavage sur le mémorial de l’abbaye de Westminster18. Sa correspondance avec Auguste de Staël débute au mois de juin 1822 dès le retour en France de ce dernier. La première lettre est envoyée directement à son domicile parisien, au 90 rue de l’Université, comme la majeure partie de cette correspondance. Ces lettres sur papier fin et d’une écriture parfois peu lisible sont rédigées en anglais alors que Zachary Macaulay parle français « with ease and precision19 ». Nous disposons également de trois lettres d’Auguste permettant de mieux apprécier ces échanges épistolaires grâce à la correspondance de Macaulay en partie publiée à la fin du XIXème siècle20. Auguste de Staël s’y exprime également en anglais. Depuis 1817, il poursuit assidûment la correspondance anglaise de sa mère notamment avec Sir Wilberforce, Sir Brougham et Sir Mackintosh. Cependant, les sujets qui l’occupent après 1822 le rapprochent davantage de Zachary Macaulay, qui se révèle être un interlocuteur particulièrement efficace. Chacun joue alors son rôle d’intermédiaire permettant respectivement d’entrer en contact avec les personnes les plus influentes au sein du protestantisme britannique et francophone. Par ailleurs, Zachary effectue plusieurs voyages à Paris où il retrouve Auguste et Victor de Broglie, notamment en décembre 1823 : «  I dined at the Duke de Broglie’s on Thursday. The party was Small but pleasant. The Duke, the Duchess, the Baron, M. Rémusat, Miss Randall, and a younger Brother of the Duchess21 ». Un dîner intime, suivi de nombreux entretiens avec Auguste sur des sujets variés, notamment sur les principes libéraux de ceux qu’on nomme alors les doctrinaires. Il est introduit également au sein de la Société de la Morale Chrétienne. Plusieurs allers-retours réguliers entre Londres et la France sont attestés par cette correspondance.

Afin de cerner les contours de ce que nous nommerons le réseau de Staël/Macaulay, il est possible d’établir quatre cercles de sociabilités qui se regroupent autour des mêmes préoccupations politiques et religieuses. Au total, une vingtaine de personnalités franco-anglaises sont citées dans les lettres envoyées par Zachary Macaulay. Le premier cercle « familial » concerne son frère, le général Macaulay déjà évoqué et cité notamment lors de ses séjours prolongés à Genève22. Apparaissent également le fils aîné de Macaulay, Thomas, pour ses premiers écrits libéraux dans la Revue d’Edimbourg23, ou Kenneth Macaulay, cousin germain de Zachary, officier et marchand colonial en Sierra Leone. Du côté d’Auguste, sa sœur Albertine et son mari Victor de Broglie sont régulièrement évoqués, ainsi que la fidèle Fanny Randall.

Le second cercle comprend les amis des frères Macaulay engagés au sein du mouvement abolitionniste comme William Wilberforce et Sir Mackintosh mais également le célèbre Thomas Clarkson, l’Irlandais Lucius O’Brien, la quaker Elisabeth Heyrick, Hannah More24 et surtout lord Henry Brougham qui fut parmi les derniers hôtes anglais de Germaine de Staël à Coppet25.

Le troisième cercle, sans doute le plus dense, regroupe des pasteurs et missionnaires membres du Réveil protestant. Côté français, sont cités, entre autres, les célèbres pasteurs Gauthier et Frédéric Monod26 que Macaulay rencontre à Londres par l’entremise d’Auguste. Philippe-Albert Stapfer, un des membres les plus influents des différentes sociétés protestantes de Paris de l’époque, apparaît dans plusieurs lettres, notamment lors du récit rédigé le 13 mai 1823 par Macaulay de l’assemblée générale de la SFBS à Londres. Ce Bernois, théologien de formation, ancien ambassadeur de la République Helvétique à Paris en 1798, s’installe définitivement en France en 1800. Vice-président de la Société Biblique, membre de la Société des Traités religieux et de la Société des Missions, il entretient avec Auguste de Staël les mêmes réseaux au sein du Réveil protestant. Certains pasteurs revivalistes genevois sont aussi évoqués comme Emile Guers ou César Malan. Côté catholique, l’abbé de Lamennais fait l’objet de discussions passionnées après l’envoi par Auguste de l’une de ses brochures27. Les pasteurs anglais cités deviennent quant à eux, dès 1822, des interlocuteurs privilégiés d’Auguste lors de leurs séjours à Paris ou à Genève. Il s’agit de membres éminents de la British and Foreign Bible Society dont le révérend John Owen28, le révérend Samuel Wilks, qui collabore activement au Christian Observer avec Macaulay, les pasteurs Sims et Foyster29 ou encore Mark Wilks30. Le bibliothécaire de la BFBS, Thomas Pell Platt, est décrit comme un ami d’Auguste31. Mais ce sont les missionnaires qui semblent davantage concentrer l’attention de nos deux correspondants. C’est le cas par exemples de Daniel Wilson qui est présent à Genève et à Paris en 182332. À cette époque, la route privilégiée des membres du Réveil en partance de Londres passe par Paris avant de rejoindre Genève. L’historien Kenneth J. Stewart a particulièrement bien décrit ces réseaux et la place particulière de Genève où se forme et se rencontre toute une nouvelle génération de pasteurs33. Auguste de Staël va alors jouer un rôle discret mais réel lors de l’arrivée des Britanniques recommandés par Macaulay34. Nombre d’entre eux sont membres de la Société Continentale dont le siège francophone est installé à Ferney, paroisse frontalière dont Auguste de Staël est membre du consistoire35. Certains missionnaires sont également présents à Paris lors des séances de la Société de la Morale Chrétienne comme la quaker Elisabeth Walker, dont la visite fait l’objet d’un compte rendu de la part d’Auguste36.

Le dernier cercle est celui des personnalités. Dans les premières lettres est mentionné Chateaubriand, ambassadeur de France à Londres entre avril et septembre 1822. C’est lui qui présente Auguste de Staël au roi George IV le 12 juin 182237. On trouve aussi mention du duc de la Rochefoucauld-Liancourt qui préside la Société de la Morale Chrétienne en 1821, l’amiral Van Huell pour la Société des Missions Évangéliques de Paris ou encore l’empereur de Russie Alexandre Ier qui parraine peu avant sa mort en 1825 la Russian Bible Society38.

Enfin, la présentation de ce réseau serait incomplète sans observer sa dimension géographique. Outre le circuit missionnaire Londres-Paris-Genève, les villes de Liverpool, Bath, les territoires coloniaux de Madras, Sierra Leone, Zanzibar, Trinidad, Sainte-Lucie sont mentionnés comme autant de lieux concernés par le problème de la traite ou comme des terres de mission. En France sont citées les villes de Ferney-Voltaire, Bordeaux, Chamonix et Privat et pour la Suisse, Coppet bien sûr, mais aussi Sécheron et Cologny. D’autres pays d’Europe sont mentionnés à propos des progrès de la Société Biblique ou de la situation des libéraux européens comme le Piémont, l’Allemagne, la Hollande, le Danemark, le Portugal ou les événements de 1823 en Espagne39. Enfin, la cause de l’indépendance grecque, qui fait partie des combats menés par Auguste de Staël, est abordée sous l’angle financier puisque le jeune baron demande à son ami de relayer ses appels à souscription en Angleterre40. L’environnement géographique de ces lettres répond donc bien à des préoccupations religieuses et libérales européennes qui confirment l’image d’un Auguste de Staël particulièrement actif dans les luttes de l’époque.

L’importance de la correspondance de Zachary Macaulay à Auguste réside par ailleurs dans les sujets abordés. Le premier est le combat antiesclavagiste qui va réunir les deux hommes dès leur première rencontre. L’engagement du fils de madame de Staël pour ce sujet est désormais mieux connu et mieux documenté notamment par les travaux de Lawrence C. Jennings, Serge Daget ou encore de Léonard Burnand41 qui ont mis en évidence son rôle au sein de la Société de la Morale Chrétienne à partir de 1822. Son action s’inspire de celle de ses homologues britanniques : pétitions, traduction d’ouvrages42 et de tracts, visite du port de Nantes et surtout exposition des pièces à conviction destinées à ouvrir les yeux de l’élite parisienne et sensibiliser le monde politique à cette question en 1825. Comme le signale L. Burnand, la loi promulguée le 25 avril 1827 qui renforce les sanctions à l’égard de la traite doit beaucoup à Auguste de Staël qui, par le pragmatisme dont il fait preuve dans son combat, sait convaincre43. Les lettres de Macaulay offrent un éclairage intéressant de l’évolution des réflexions du baron de Staël. C’est à partir du 18 février 1823 que le sujet est réellement abordé à travers l’envoi d’un pamphlet signé par Macaulay lui-même et intitulé Negro Slavery (USA and Jamaïca)44. Il y décrit les conséquences néfastes de l’esclavage et présente un tableau édifiant du phénomène à l’aide de données chiffrées. Il préconise alors comme solution l’évangélisation complète du monde, l’esclavage étant « une violation morale de tous les principes connus de la religion du Christ 45 ». L’hypocrisie du monde colonial, perverti moralement, est dénoncée et doit trouver sa solution dans le réveil religieux et le développement des missions. L’abolition de la traite et de l’esclavage est un devoir moral au nom des principes chrétiens. Cet ouvrage est crucial pour comprendre la teneur des lettres de Zachary Macaulay à Auguste de Staël. Leur combat antiesclavagiste est avant tout un combat chrétien et évangélisateur. Dans sa lettre du 23 décembre 1825, il résume ainsi les enjeux : « We should combine the liberal views of the liberal party in politics and political economy with a few attachment to vital Christianity ». » » » C’est donc bien sur le terrain de la morale chrétienne que se joue ici le combat abolitionniste dont ces lettres révèlent, en coulisse, les objectifs, les informations rassemblées et les hommes qui en sont les principaux acteurs. La correspondance témoigne également d’un échange régulier de brochures et de journaux anglais. Sont évoqués diverses pétitions lancées par H. Brougham et surtout des meetings organisés à Londres ou à Liverpool par l’Anti-Slavery Society :

Our antislavery General meeting has produced a powerful impression on the public mind. We are preparing our report for publication. On the mean time, I send you a copy of the speeches delivered on that occasion46.

Les informations échangées par les deux correspondants nourrissent leurs publications respectives, notamment les articles de Macaulay pour le Christian Observer et surtout The Anti-Slavery Reporters. Il y aborde régulièrement la question de la traite et de l’esclavage dans les colonies de la West India (Caraïbes). Dans le rapport qu’Auguste de Staël publie en 1825, plusieurs renseignements sont extraits des numéros de la Gazette royale de Sierra Leone47 ou du Christian Observer envoyés par son correspondant. Un rapport de la Société de la Morale Chrétienne évoque une lettre d’Auguste de Staël mentionnant cette documentation :

Le plus important des ouvrages que j’ai l’honneur de vous envoyer, est la collection en vingt volumes du Christian Observer, écrits périodiques fort répandus en Angleterre, où il exerce depuis plusieurs années une grande et salutaire influence. Cette collection vous est offerte par M. Zachary Macaulay, l’un de ses principaux rédacteurs, dont le nom seul suffira pour fixer votre attention. Je suis assuré d’avance, Messieurs, qu’en parcourant le Christian Observer, vous y reconnaîtrez, avec bonheur l’union du sentiment religieux le plus intime avec des vues libérales sur toutes les grandes questions de la politique ; et j’ose croire que vous penserez comme moi, qu’il serait fort important pour notre Société de recevoir désormais les numéros de ce journal à mesure qu’ils paraîtront48.

En outre, la présence de Macaulay lui-même au sein du comité parisien pour l’abolition est avérée lors d’une réunion réunissant autour de M. Lecaplain, capitaine de navire, le duc de Broglie, Mark Wilks, Charles de Rémusat49, etc. En retour, Auguste de Staël envoie régulièrement des discours prononcés par Victor de Broglie sur la traite. La correspondance entre les deux hommes s’accompagne également de commentaires sur leurs écrits respectifs. Macaulay évoque par exemple en mai 1824 la brochure d’Auguste contre l’arrêté du Conseil d’État du Canton de Vaud et le 20 mai 1825, il accuse bonne réception des Lettres sur l’Angleterre précisant avoir pris plaisir à y retrouver un esprit de modération et une connaissance parfaite des institutions britanniques.

Mais la principale préoccupation de Macaulay demeure les progrès du Réveil protestant, notamment au travers des actions de la Société Biblique. Depuis le début de la première Restauration, des missionnaires britanniques sillonnent la France et distribuent des bibles et des tracts destinés à réveiller spirituellement la Grande Nation, comme le révérend Smith en avril 1814 ou Robert Haldane en 1816 qui souhaite renforcer les liens entre les pasteurs anglais et français. C’est le rôle que va jouer la British and Foreign Bible Society (BFBS) et sa petite sœur parisienne à partir de 1818. Auguste de Staël devient dès 1822 le correspondant régulier de la BFBS50. La première lettre envoyée à Auguste le 26 juin 1822 atteste la rencontre entre le jeune baron et le président de la BFSB, le révérend John Owen. Après le décès de ce dernier, en 1823, Macaulay et Daniel Wilson s’imposent comme les points d’entrée de la Société Biblique de Paris (SBP) dans la BFBS. Cela permet à Zachary Macaulay de faire régulièrement état des progrès des protestants français dans le Christian Observer51.

La correspondance ne néglige pas les progrès des missions dans les colonies, notamment celles de Daniel Wilson et du révérend Smith, étroitement liées à la question abolitionniste ainsi que le développement des liens entre la Société Biblique de Paris et celle de Strasbourg52, de Russie ou celle de New York, avec laquelle Auguste de Staël correspond en sa qualité de secrétaire de la SBP53. Le lien qui unit les deux hommes va également servir leurs actions philanthropiques. Le nom de Zachary Macaulay apparaît ainsi dans un grand nombre de registres de souscriptions d’œuvres pour lesquelles le baron de Staël fut l’initiateur, sinon l’infatigable défenseur : la construction du temple de Ferney-Voltaire54, à quelques encablures de Genève, ou l’envoi par l’intermédiaire de la Société Biblique du Canton de Vaud de missionnaires dans le Piémont55. La Société Biblique de Genève, dont le Général Macaulay est nommé membre à vie en 182256, fait également l’objet de leur attention. C’est à cette époque qu’Auguste de Staël adhère à la Société des Missions Évangéliques de Paris et à la Société des Traités religieux, dont les archives permettent de prendre pleinement la mesure de son rôle et des liens financiers vitaux avec l’Angleterre. L’importance d’Auguste de Staël au sein du protestantisme français à la veille de sa mort est indissociable de l’étendue et de l’intensité de ses réseaux anglais.

Enfin, cette correspondance permet d’aborder la question de la place et du rôle des laïcs dans le Réveil protestant, notamment sur des questions traditionnellement réservées aux pasteurs. Deux lettres signalent ainsi la force de l’investissement de nos deux correspondants dans une querelle entre protestants francophones et anglais : le débat sur le choix de la traduction biblique diffusée par la Société Biblique française et la question des textes apocryphes57. Ce sujet est abordé dans la correspondance le 21 décembre 1824 à la suite de la rencontre entre Macaulay et Frédéric Monod. Depuis 1818, la BSBS finance la traduction et la publication de la Bible pour le compte de la SBP, ainsi que pour ses autres auxiliaires en Europe. Il s’agit pour la France d’une version de la Bible dite d’Osterwald. La Société Biblique de Paris décide le 29 juillet 1823 de publier à son compte une traduction du Nouveau Testament et en 1824 de l’Ancien Testament et des textes dits apocryphes hérités de la tradition catholique mais adoptés jusque-là sans grande réserve par les protestants. Dès 1822, Robert Haldane et le genevois Henri Drummond sont opposés à la diffusion de ces textes, conformément à une interprétation très rigoriste de la théologie du Réveil, et appellent à l’organisation d’un débat au sein de la BFBS. Pour la Société Biblique de Paris, l’enjeu est de taille : comment diffuser la Bible et la rendre plus accessible dans un pays majoritairement catholique avec une Bible perçue comme protestante et « sectaire » ? Les efforts déployés depuis 1818 et les premiers succès des sociétés auxiliaires en province au sein même de communautés catholiques ont permis de stimuler les missionnaires et de rendre visible le Réveil protestant français. Macaulay est bien conscient de ce contexte national. C’est pourquoi il va lui-même s’engager sur ce terrain et s’opposer avec virulence à Robert Haldane58. Auguste de Staël prend également position lors de l’assemblée générale de la SBP en 1825 :

Faut-il s’étonner de retrouver dans les révélations divines les mêmes mystères que dans la création ? Ces mystères, si difficiles, les ferez-vous disparaître dans vos extraits ? Non, sans doute, si ces extraits sont fidèles. Vous n’aurez donc rien gagné ; et, en revanche, vous aurez dépouillé la Bible de ce charme ineffable qui en fait la plus attrayante comme la plus sublime de toutes les lectures. [...] Mais qui sommes-nous d’ailleurs pour nous interposer entre Dieu et nos frères ? Depuis quand avons-nous reçu le droit de mesurer à nos semblables, à nos égaux, à nos supérieurs peut-être, la portion de lumière et de vérité que nous les jugeons capables de recevoir sans danger59 ?

Le 16 février 1826, une circulaire envoyée par la BFBS à Paris précise que le soutien financier apporté à la SBP est désormais conditionné à la diffusion d’une Bible sans les écrits apocryphes. Paris décide cependant de s’engager dans une voie médiane proposant le retranchement des textes apocryphes sur demande. Auguste de Staël tente alors de sauver les apparences en présentant un vœu célébrant les liens indéfectibles de fraternité qui unissent les deux sociétés60. L’engagement des laïcs pour un sujet qui peut se révéler purement théologique peut surprendre. Mais la question est avant tout financière et soulève le problème de la pérennisation des sociétés religieuses francophones et du soutien philanthropique des sociétés anglaises. Jusqu’en 1826, le rôle des laïcs comme Auguste de Staël ou Philippe Albert Stapfer est crucial pour la survie des jeunes sociétés religieuses. Mais on assiste peu à peu à un tournant dans l’autonomisation du Réveil francophone. Les dons provenant de la Société Biblique anglaise diminuent considérablement, passant de 4268 bibles financées en 1823 à 500 en 1826. Le décès prématuré d’Auguste de Staël en 1827 contribue, sans doute de manière importante, à rendre plus étroite la voie médiane préservant les liens entre la BFBS et la SBP, et la scission devient rapidement inéluctable.

Né sous la Révolution, élevé dans l’exil européen maternel sous l’Empire, Auguste de Staël incarne sous la Restauration une génération libérale anglophile soucieuse d’agir sur son temps. Les lettres des frères Macaulay offrent un point de vue privilégié sur les réseaux de sociabilité tissés par le fils de madame de Staël. Pasteurs, missionnaires, abolitionnistes, parlementaires, philanthropes semblent y agir de concert autour de deux combats, la lutte contre la traite et l’esclavage et le Réveil protestant en France et en Europe. Homme d’action, Auguste de Staël tire profit de ces échanges épistolaires pour nourrir ses engagements et développer sa pensée dans ses écrits à partir de 1822 ainsi que renforcer les liens, financiers et spirituels, entre les protestants anglais et leurs coreligionnaires français au sein des jeunes sociétés religieuses. Lucide et mesuré dans ses analyses du modèle institutionnel anglais, il semble cependant admirer le sens moral et spirituel qui préside à la sociabilité britannique. Il partage ainsi avec Zachary Macaulay une vision chrétienne et libérale à l’origine de leur engagement social et politique respectif ainsi que leur réseau d’amitiés européennes. De ce point de vue, Auguste de Staël est sans doute davantage le digne héritier de l’esprit de Coppet que du lieu lui-même.

1 Auguste de Staël, Lettres sur l’Angleterre, Paris, Treuttel et Würtz, 1825. Sur le libéralisme d’Auguste de Staël, voir Benoît Yvert, « La pensée

2 Charles de Rémusat, Mémoires de ma vie, éd. Charles H. Pouthas, Paris, Plon, 1959, II, p. 201.

3 Ibid.

4 Propos rapportés par la Vicomtesse Knutsford, Life and Letters of Zachary Macaulay, Londres, Edward Arnold, 1900, p. 356.

5 Auguste de Staël, Correspondance : Lettres à sa mère (1805-1816), éd. Othenin d’Haussonville et Lucia Omacini, Paris, Champion, 2013, vol. 2, p. 480

6 Victor de Pange, Le séjour de Victor de Broglie et d’Auguste de Staël à Londres en mai 1822, extraits des n°17 et 18 des Cahiers staëliens

7 Lucien Jaume, « Un novateur dans l’imaginaire libéral: Auguste de Staël et ses Lettres sur l’Angleterre », in Il Gruppo di Coppet e il viaggio.

8 Auguste de Staël, Œuvres diverses. Précédées d’une notice sur sa vie, et suivies de quelques lettres inédites sur l’Angleterre, Paris, Strasbourg et

9 Ces lettres nous ont été photocopiées et communiquées il y a plusieurs années par le comte Othenin d’Haussonville dans le cadre de nos recherches

10 Lettres des 21, 23 et 25 octobre 1825, Archives de Coppet.

11 William Wilberforce (1759-1833) et sir James Mackintosh (1765-1832), membres de la Chambre des Communes et célèbres abolitionnistes.

12 Lettre du 3 octobre 1821, Lettres de la duchesse de Broglie 1814-1838 publiées par son fils le duc de Broglie, Paris, Calmann Levy, 1896, p. 91.

13 Z. Macaulay (1768-1838) épouse le 26 août 1799 Selina Mills, fille d’un quaker de Bristol. De leur union naît le 25 octobre 1800 Thomas Babington

14 Lettre du 25 mai 1822, Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 360.

15 Duc de Broglie, Souvenirs (1785-1870), Paris, Calmann Levy, 1886, IV, p. 325.

16 Description retranscrite par Macaulay dans une lettre envoyée à sa femme le 11 septembre 1820. Cf. Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 358.

17 The Clapham Sect est un groupe évangéliste dominé par la personnalité de William Wilberforce.

18 Sur les abolitionnistes anglais, voir Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies : 1820-1851, Paris, Karthala, 2001

19 Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 356.

20 Ibid.

21 Lettre du 21 décembre 1823, ibid.

22 Lettre d’Auguste de Staël du 2 juillet 1823, ibid., p. 389.

23 Lettres du 23 décembre 1825 et du 25 août 1826, Archives de Coppet.

24 Hannah More (1745-1833), femme de lettres, membre du groupe de Clapham.

25 Lord Henry Peter Brougham (1778-1868) est régulièrement cité. Très proche d’Auguste, il l’accompagne notamment lors de son séjour en Écosse en mai

26 Lettres du 2 et 9 mai 1823 et du 21 décembre 1824, Archives de Coppet. Frédéric Monod (1794-1863), pasteur revivaliste à la tête de l’église

27 Lettres de juin 1825 et avril 1826, Archives de Coppet. Il s’agit de la brochure antiprotestante de Lamennais intitulée Quelques réflexions sur le

28 Lettre du 26 juin 1822, Archives de Coppet. Le révérend Owen (1766-1822) fonde en 1804 la BFBS et préside les premières séances de la Société

29 Lettres du 26 juin 1822 et du 9 juillet 1825, Archives de Coppet.

30 Mark Wilks (1783-1855), « pasteur des Anglais et des Américains non conformistes de Paris » entre 1816 et 1843.

31 Lettre du 21 décembre 1824, Archives de Coppet.

32 Billet du général Macaulay du 23 juin 1823, lettre de Zachary Macaulay du 13 juillet 1823, Archives de Coppet. Daniel Wilson (1778-1858), futur

33 Kenneth J. Stewart, Restauring the Reformation, British Evangelisation and the francophone « Réveil », 1816-1849, Londres, Paternoster, 2006.

34 Lettres du 6 février 1824 et du 6 juillet 1824, Archives de Coppet.

35 Archives de la Paroisse Protestante de Ferney-Voltaire, Registre du Consistoire 1819-1835.

36 Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 430. La présence de Miss Walker est par ailleurs rapportée dans la presse de l’époque, notamment Le

37 Comte d’Antioche, Châteaubriand ambassadeur à Londres (1822) d’après ses dépêches inédites, Paris, Perrin, 1912, p. 280.

38 Lettre du 10 juin 1825, Archives de Coppet.

39 Lettre du 13 juillet 1823, Archives de Coppet. Macaulay redoute la défaite des libéraux espagnols à Cadix, ce qui sera le cas un mois plus tard

40 Zachary annonce avoir récolté 4000 livres dans sa lettre du 4 mars 1823.

41 Lawrence C. Jennings, « Abolitionnisme, jeu politique et réforme : France, 1814-1848 », in Abolir l’esclavage, un réformisme à l’épreuve (France

42 Auguste De Staël, Préface de la traduction du Récit de la perte du bâtiment du bâtiment Le Kent, Oeuvres diverses, I, p. 286-292.

43 « Agir pour abolir : l’engagement antiesclavagiste d’Auguste de Staël », p. 28.

44 Zachary Macaulay, Negro Slavery (USA & Jamaïca), Londres, Richard Taylor, 1823, 92 p.

45 Ibid. , p. 33.

46 Lettre du 6 juillet 1824, Archives de Coppet.

47 Il s’agit de la Royal Gazette and Sierra Leone advertiser, journal publié à Freetown de 1817 à 1827.

48 Lettre d’Auguste de Staël à la Société de la Morale Chrétienne du 26 novembre 1822, in Rapport de la Société de la Morale Chrétienne, Paris, 1823..

49 Auguste de Staël, Faits relatifs à la traite des noirs, Paris, De Crapelet, 1826, p. 20 et p. 27.

50 Voir Thomas Sims, Brief Memorials of Jean Frédéric Oberlin Pastor of Waldbach, in Alsace and of Auguste Baron de Staël-Holstein, Two Distinguished

51 En particulier The Christian Observer, n°281, mai 1825.

52 Lettre d’Auguste de Staël du 9 décembre 1823, Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 390.

53 Voir 7th Report of the American Bible Society presented may 9, 1822, New York, 1823.

54 Archives de la paroisse protestante de Ferney (APPF), Côte Aee1 : registre des souscriptions pour le temple de Ferney.

55 Bibliothèque d’Histoire du Protestantisme Français (BSHPF), T258, Archives de la Société Biblique du Canton de Vaud, année 1826-1827.

56 BSHPF, T238 Rapports de la Société Biblique de Genève 1815 à 1899.

57 Les textes « apocryphes » sont des textes dont l’authenticité est remise en question. Les textes dits apocryphes par les protestants correspondent

58 Restauring the Reformation, p. 176-178.

59 Rapport annuel de la Société Biblique Protestante de Paris pour l’année 1825,cité dans la notice biographique sur le baron A. de Staël, in Archives

60 Rapport annuel de la Société Biblique Protestante de Paris pour l’année 1826, cité par Orentin Douen, Histoire de la Société Biblique Protestante

1 Auguste de Staël, Lettres sur l’Angleterre, Paris, Treuttel et Würtz, 1825. Sur le libéralisme d’Auguste de Staël, voir Benoît Yvert, « La pensée politique d’Auguste de Staël », Annales Benjamin Constant, n°17, 1995, p. 77-86 .

2 Charles de Rémusat, Mémoires de ma vie, éd. Charles H. Pouthas, Paris, Plon, 1959, II, p. 201.

3 Ibid.

4 Propos rapportés par la Vicomtesse Knutsford, Life and Letters of Zachary Macaulay, Londres, Edward Arnold, 1900, p. 356.

5 Auguste de Staël, Correspondance : Lettres à sa mère (1805-1816), éd. Othenin d’Haussonville et Lucia Omacini, Paris, Champion, 2013, vol. 2, p. 480-489.

6 Victor de Pange, Le séjour de Victor de Broglie et d’Auguste de Staël à Londres en mai 1822, extraits des n°17 et 18 des Cahiers staëliens, Neuchâtel, Victor Attinger, 1950.

7 Lucien Jaume, « Un novateur dans l’imaginaire libéral: Auguste de Staël et ses Lettres sur l’Angleterre », in Il Gruppo di Coppet e il viaggio. Liberalismo e conoscenza dell’Europa tra Sette e Ottocento, dir. Mauricio Bossi, Anne Hofmann et François Rosset, Firenze, Olschiki, 2006, p. 137-151.

8 Auguste de Staël, Œuvres diverses. Précédées d’une notice sur sa vie, et suivies de quelques lettres inédites sur l’Angleterre, Paris, Strasbourg et Londres, Treuttel et Würtz, 1829, vol. 1, p. 188-189.

9 Ces lettres nous ont été photocopiées et communiquées il y a plusieurs années par le comte Othenin d’Haussonville dans le cadre de nos recherches sur Auguste de Staël.

10 Lettres des 21, 23 et 25 octobre 1825, Archives de Coppet.

11 William Wilberforce (1759-1833) et sir James Mackintosh (1765-1832), membres de la Chambre des Communes et célèbres abolitionnistes.

12 Lettre du 3 octobre 1821, Lettres de la duchesse de Broglie 1814-1838 publiées par son fils le duc de Broglie, Paris, Calmann Levy, 1896, p. 91.

13 Z. Macaulay (1768-1838) épouse le 26 août 1799 Selina Mills, fille d’un quaker de Bristol. De leur union naît le 25 octobre 1800 Thomas Babington Macaulay (1800-1859), célèbre historien et homme politique anglais.

14 Lettre du 25 mai 1822, Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 360.

15 Duc de Broglie, Souvenirs (1785-1870), Paris, Calmann Levy, 1886, IV, p. 325.

16 Description retranscrite par Macaulay dans une lettre envoyée à sa femme le 11 septembre 1820. Cf. Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 358.

17 The Clapham Sect est un groupe évangéliste dominé par la personnalité de William Wilberforce.

18 Sur les abolitionnistes anglais, voir Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies : 1820-1851, Paris, Karthala, 2001.

19 Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 356.

20 Ibid.

21 Lettre du 21 décembre 1823, ibid.

22 Lettre d’Auguste de Staël du 2 juillet 1823, ibid., p. 389.

23 Lettres du 23 décembre 1825 et du 25 août 1826, Archives de Coppet.

24 Hannah More (1745-1833), femme de lettres, membre du groupe de Clapham.

25 Lord Henry Peter Brougham (1778-1868) est régulièrement cité. Très proche d’Auguste, il l’accompagne notamment lors de son séjour en Écosse en mai 1822.

26 Lettres du 2 et 9 mai 1823 et du 21 décembre 1824, Archives de Coppet. Frédéric Monod (1794-1863), pasteur revivaliste à la tête de l’église réformée de Paris à partir de 1820. Il dirige les Archives du Christianisme de 1824 jusqu’à sa mort.

27 Lettres de juin 1825 et avril 1826, Archives de Coppet. Il s’agit de la brochure antiprotestante de Lamennais intitulée Quelques réflexions sur le procès du Constitutionnel et du courrier, et sur les arrêts rendus à cette occasion par la cour royale, Paris, 1825, 45 p.

28 Lettre du 26 juin 1822, Archives de Coppet. Le révérend Owen (1766-1822) fonde en 1804 la BFBS et préside les premières séances de la Société Biblique de Paris en 1818.

29 Lettres du 26 juin 1822 et du 9 juillet 1825, Archives de Coppet.

30 Mark Wilks (1783-1855), « pasteur des Anglais et des Américains non conformistes de Paris » entre 1816 et 1843.

31 Lettre du 21 décembre 1824, Archives de Coppet.

32 Billet du général Macaulay du 23 juin 1823, lettre de Zachary Macaulay du 13 juillet 1823, Archives de Coppet. Daniel Wilson (1778-1858), futur évêque anglican de Calcutta.

33 Kenneth J. Stewart, Restauring the Reformation, British Evangelisation and the francophone « Réveil », 1816-1849, Londres, Paternoster, 2006.

34 Lettres du 6 février 1824 et du 6 juillet 1824, Archives de Coppet.

35 Archives de la Paroisse Protestante de Ferney-Voltaire, Registre du Consistoire 1819-1835.

36 Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 430. La présence de Miss Walker est par ailleurs rapportée dans la presse de l’époque, notamment Le Constitutionnel du lundi 18 avril 1825.

37 Comte d’Antioche, Châteaubriand ambassadeur à Londres (1822) d’après ses dépêches inédites, Paris, Perrin, 1912, p. 280.

38 Lettre du 10 juin 1825, Archives de Coppet.

39 Lettre du 13 juillet 1823, Archives de Coppet. Macaulay redoute la défaite des libéraux espagnols à Cadix, ce qui sera le cas un mois plus tard lors de la bataille du Trocadéro menée par les Français.

40 Zachary annonce avoir récolté 4000 livres dans sa lettre du 4 mars 1823.

41 Lawrence C. Jennings, « Abolitionnisme, jeu politique et réforme : France, 1814-1848 », in Abolir l’esclavage, un réformisme à l’épreuve (France, Portugal, Suisse, XVIIIe-XIXe siècles), dir. Olivier Pétré-Grenouilleau, PUR, 2008, p. 169-184 ; Serge Daget, La répression de la traite des noirs au XIXe siècle. L’action des croisières sur les côtes occidentales de l’Afrique, 1817-1850, Paris, Karthala, p. 289-292 ; L. Burnand, « Agir pour abolir : l’engagement antiesclavagiste d’Auguste de Staël », Cahiers staëliens, n° 64, 2014, p. 9-29.

42 Auguste De Staël, Préface de la traduction du Récit de la perte du bâtiment du bâtiment Le Kent, Oeuvres diverses, I, p. 286-292.

43 « Agir pour abolir : l’engagement antiesclavagiste d’Auguste de Staël », p. 28.

44 Zachary Macaulay, Negro Slavery (USA & Jamaïca), Londres, Richard Taylor, 1823, 92 p.

45 Ibid. , p. 33.

46 Lettre du 6 juillet 1824, Archives de Coppet.

47 Il s’agit de la Royal Gazette and Sierra Leone advertiser, journal publié à Freetown de 1817 à 1827.

48 Lettre d’Auguste de Staël à la Société de la Morale Chrétienne du 26 novembre 1822, in Rapport de la Société de la Morale Chrétienne, Paris, 1823..

49 Auguste de Staël, Faits relatifs à la traite des noirs, Paris, De Crapelet, 1826, p. 20 et p. 27.

50 Voir Thomas Sims, Brief Memorials of Jean Frédéric Oberlin Pastor of Waldbach, in Alsace and of Auguste Baron de Staël-Holstein, Two Distinguished Ornaments of the French Protestant Church, Londres, James Nisbet, 1830, p. 124.

51 En particulier The Christian Observer, n°281, mai 1825.

52 Lettre d’Auguste de Staël du 9 décembre 1823, Life and Letters of Zachary Macaulay, p. 390.

53 Voir 7th Report of the American Bible Society presented may 9, 1822, New York, 1823.

54 Archives de la paroisse protestante de Ferney (APPF), Côte Aee1 : registre des souscriptions pour le temple de Ferney.

55 Bibliothèque d’Histoire du Protestantisme Français (BSHPF), T258, Archives de la Société Biblique du Canton de Vaud, année 1826-1827.

56 BSHPF, T238 Rapports de la Société Biblique de Genève 1815 à 1899.

57 Les textes « apocryphes » sont des textes dont l’authenticité est remise en question. Les textes dits apocryphes par les protestants correspondent aux textes « deutérocanoniques » catholiques.

58 Restauring the Reformation, p. 176-178.

59 Rapport annuel de la Société Biblique Protestante de Paris pour l’année 1825, cité dans la notice biographique sur le baron A. de Staël, in Archives du Christianisme, onzième année, Paris, 1828, p. 260.

60 Rapport annuel de la Société Biblique Protestante de Paris pour l’année 1826, cité par Orentin Douen, Histoire de la Société Biblique Protestante de Paris (1818-1868), Paris, 1868, p. 100.

Julien Landel

Professeur d’Histoire