« J’aime la correspondance1 » : redécouvrir Germaine de Staël l’épistolière

Cyrielle Peschet

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Cyrielle Peschet, «  « J’aime la correspondance » : redécouvrir Germaine de Staël l’épistolière », Cahiers Staëliens [En ligne], 66 | 2016, mis en ligne le 15 avril 2019, consulté le 03 décembre 2020. URL : https://cahiersstaeliens.edinum.org/141

Quel esprit ? Il respiroit dans tous ses traits, dans toutes ses paroles, dans une lettre ou un billet qu’elle écrivoit rapidement sans la moindre prétention comme dans les ouvrages immortels qui ont marqué sa place au premier rang2 !

La correspondance staëlienne, loin de se concilier la critique, a fait l’objet de plusieurs querelles depuis sa première réception jusqu’à nos lectures modernes. La sentence liminaire de Mathieu de Montmorency, quoique formulée sur le ton de l’éloge, atteste du statut polémique des lettres qui occupent une place annexe dans l’œuvre, entretenue par une hiérarchisation préjudiciable aux ouvrages jugés « sans prétention ». Cette formule signale le paradoxe constitutif de la correspondance, que M. de Montmorency situe en deçà des « ouvrages immortels », sans renoncer à l’hypothèse d’un « esprit » commun à tous ces écrits. Comment expliquer cette orientation ? À l’origine se trouve le parti-pris des descendants de Staël, qui instaurent un « veto de principe3 » contre la parution des lettres, inaugurant leur infortune éditoriale. L’interdit d’ « imprimer les lettres4 » formulé par Auguste de Staël dès 1818 et réitéré ensuite par Albertine Necker-de Saussure5 et Albertine de Staël-Holstein6, fondé sur les « intentions7 » supposées de l’auteur, s’accompagne d’un déni de leur valeur littéraire :

Si l’on a beaucoup vanté les lettres de Madame de Staël, c’est parce qu’on y retrouvoit une foible image d’elle-même. Il ne me semble pas qu’elle eût, comme Madame de Sévigné, pour le style épistolaire, un talent particulier. […] Ses lettres, pour le feu et la verve, n’égaloient pas sa conversation ; elle n’y mettoit que l’esprit qu’elle ne pouvoit pas s’empêcher d’avoir ; mais cela même étoit beaucoup sans doute. […] Elle ne regardoit les lettres que comme des moyens indispensables de communication, et ne les envisageoit jamais sous le rapport littéraire. Depuis que j’ai visé tout ouvertement à la célébrité par mes livres, je n’ai plus donné aucun soin à mes lettres, disait-elle8.

L’infortune littéraire de la correspondance repose donc sur l’amalgame de ces trois notions : la publication, la postérité et la littérarité de la correspondance, qu’il convient d’analyser en fonction des propos de l’auteur, voire de ses choix éditoriaux. Ces allégations ont depuis été contredites ou renouvelées9, sans que la correspondance ne fasse l’objet d’une implication systématique dans l’œuvre10, pourtant encouragées par les recherches actuelles11. Comment reconsidérer la correspondance staëlienne ?

Le premier écueil concerne la publication des lettres sous le coup de l’anathème familial et la « discrète campagne12 » de collecte et de destruction13 qui s’en est suivie. L’épisode des lettres brûlées par A. de Staël-Holstein et son mari, raconté par la comtesse Jean de Pange, ne constitue pas le seul attentat que subit la correspondance, puisque Necker avait déjà détruit une partie des lettres en 179814. Plusieurs figures dérogent à cette loi de destruction, au rang desquelles Juliette Récamier et Sainte-Beuve15 : alors que la première refuse de collaborer à la centralisation des documents, l’autre revendique leur publication in extenso. Interpellé par la parution des Souvenirs et Correspondance tirés des papiers de Madame Récamier16, où figurent plusieurs passages de la correspondance staëlienne, Sainte-Beuve s’interroge, dès 1863, sur le sort de ces « lettres familières, affectueuses, éloquentes, inachevées chacune, mais s’achevant l’une l’autre17 ». Il s’engagera plus avant dans son article de 1868, « Camille Jordan et Madame de Staël18 », dans lequel il publie vingt-six lettres : l’article lui vaudra alors un litige avec la fille de l’auteur19. De fait, les publications clandestines représentent un risque pour la correspondance staëlienne ; de récents travaux ont montré combien la confidentialité des lettres pouvait en faire des succès de librairie20. Staël a conscience de cette éventualité, comme en atteste cette lettre à Narbonne où elle s’inquiète du risque que le public s’approprie leur correspondance :

Croyez-vous que beaucoup moins d’esprit que je n’en ai ne soit pas suffisant pour démêler toute cette intoxicated correspondance ? Mes amis, moi, le public s’il s’en mêle, personne n’est la dupe de tout cela; mais moi, j’en souffre horriblement21.

L’allusion, certes fugace, plane comme une menace sur l’amant inconstant, dans le contexte de rupture que l’on connaît. Elle nous renseigne pourtant sur la sagacité de l’épistolière percevant l’enjeu que représentent ses lettres, qui pourraient être publiées si elle ne les confiait pas à d’honnêtes dépositaires. Mais alors, pourquoi Staël ne réclame-t-elle jamais qu’on les lui retourne ? Et que ne fait-elle allusion à la correspondance dans son testament22, afin de clarifier son sort ? Si Staël engage son fils à « faire faire une édition des œuvres de [s]on père et une des [s]iennes23 », la demande reste évasive et problématise l’implication d’Auguste dans ces projets éditoriaux. De récentes études génétiques ont en effet souligné l’importance de ses « interventions24 » : non seulement Auguste s’est chargé de « perfectionner25 » les ouvrages qu’il publie, contrairement à ce qu’il affirme, mais il a aussi étendu l’anathème à d’autres corpus26. S’il se permet d’attenter au texte, de rayer d’un trait plusieurs pages parfois déjà publiées du vivant de l’auteur – que les lecteurs connaissent et dont ils pourraient repérer les variantes – comment s’assurer que son choix d’évincer la correspondance ne soit pas lui aussi subjectif ? Pour légitimer de cette publication, Jasinski montre que la minoration de la correspondance staëlienne relève en partie d’une construction familiale :

Ses descendants immédiats lui ont prêté une sorte d’horreur pour toute publication de lettres intimes : en fait elle n’aurait pu condamner l’exemple de son père, qui avait cité nombre d’extraits tirés de la correspondance de Mme Necker27.

Certes, les lettres de Staël manifestent un rapport ambigu à l’épistolaire, partagé entre promotion et désaveu. Elle y fait preuve d’une prudence accrue devant la menace d’une intrusion dans ses échanges privés, se révoltant aussi contre la curiosité de tiers et l’usage retors du don qu’elle fait à la fois de sa confiance et de ses confidences. S’ajoutent à cette dimension intime les conflits politiques, qui ont fait de Staël une victime des gazettes28, la condamnant « à la célébrité sans pouvoir être connue29 ». L’œuvre staëlienne dessine donc une trajectoire éditoriale complexe, où l’écriture se disjoint de la publication en fonction notamment de l’actualité, comme le suggère le sort des Circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution 30, rédigées en 1798, mais publiées seulement en 1906. On ne compte plus les genèses tumultueuses marquées par l’autocensure et les réécritures31, les publications posthumes et autres écrits retrouvés qui confirment le paradoxe de cette carrière placée sous le signe du « hasard32 » et de l’abnégation. Mais ces réserves doivent être mises en perspective avec l’engouement réel de Staël pour l’échange épistolaire, qui la conduit à transformer ses correspondants en « machine[s] écrivante[s]33 », dont elle exige des lettres pouvant s’étendre jusqu’à « quatre pages34 ». Cette passion lui inspire quelquefois le désir d’une édition :

Je ferai imprimer quelque jour la lettre que vous m’avez écrite car je soutiens qu’il n’y a rien de plus spirituel35.

Pouvez-vous douter, mon cher Adrien, que je ne reçoive chaque lettre de vous comme un véritable bienfait ? Je ne sais rien de plus spirituel que ces lettres, et vous courez bien plus le risque que je ne les fasse imprimer que de me voir négliger une telle correspondance36.

Je possède un nombre infini de lettres adressées à mon père et à ma mère par tous les hommes les plus distingués de France, pendant l’espace de vingt années, à dater de 1775. Il se peut que je publie une fois cette collection, qui seule donnera l’idée du mouvement des esprits en France à cette époque37.

En 1809, Staël entreprend une anthologie des textes du Prince de Ligne : « Des lettres d’abord, puis des pensées, puis des conversations 38 », qu’elle fait précéder d’une préface déterminante39, dans laquelle elle légitime la place des lettres dans l’œuvre en défendant l’idée d’une structure hétérogène qui fasse la part belle aux morceaux détachés et aux textes inachevés, indifféremment des questions génériques. Se pourrait-il que la correspondance bénéficie de la spécularité du geste d’hommage régi par la « passion réfléchissante, la passion qui se juge elle-même40 » ? Staël, autrement dit, envisage-t-elle une postérité pour sa correspondance ?

Si la publication de la correspondance s’est heurtée à de nombreux écueils nés d’une carrière littéraire en clair-obscur41, sa relation à la postérité ouvre de nouvelles hypothèses. À l’occasion de la parution posthume des Mélanges de M. Necker42, Staël rédige les Mémoires sur la vie de mon père qui éclairent ses choix d’édition, déterminés par la seule condition de n’« avoir [pas de] rapport, trop immédiatement, à des sujets politiques43 ». Staël ne censure son texte que par prudence, lorsque certains passages menacent de discréditer l’ouvrage, voire la postérité de l’auteur, pour des raisons politiques. Faut-il y voir les signes d’une libéralité éditoriale ? Quelques authentiques que soient les déclarations qu’on lui attribue sur la publication de ses lettres, les dissensions politiques ayant disparu, le temps devait venir qui favoriserait leur divulgation, déjà amorcée par ceux qui avaient prononcé l’interdit44 et poursuivie par les générations ultérieures45. Des Mélanges extraits des manuscrits de Madame Necker46 aux Lettres de la duchesse de Broglie47, quatre générations se sont succédées pour garantir la publication de manuscrits parmi lesquels figurent en premier lieu des textes confidentiels et personnels, dont les correspondances. Dans une lettre à Ribbing, Staël explique le nécessaire concours de l’autre dans la parution de ce genre d’écrits :

Il n’est point d’homme qui puisse, en écrivant ses mémoires avec la plus scrupuleuse vérité, se considérer du même point de vue dont il est aperçu par ceux qui le regardent. Il faut donc, pour compléter le tableau qu’un spectateur contemporain vous apprenne l’effet qu’il produisait à distance48.

Staël revendique ici l’implication d’un « spectateur contemporain » dans le travail d’édition, annonçant la tradition familiale qui multiplie les péritextes et les hommages et donnant naissance à un spectaculaire réseau d’ouvrages en dialogue. Elle confie en effet son œuvre aux membres de la « singulière famille49 » pour la préserver de « l’esprit de parti50 », susceptible d’altérer la réception de textes adressés « à l’avenir plutôt qu’au présent51 », c’est-à-dire au lecteur objectif, éloigné des conflits d’intérêt. L’entremise de ses proches, tantôt censeurs, tantôt admirateurs, n’est pas tant préjudiciable à l’œuvre qu’utile pour la protéger de la haine, avant que l’ « imposante impartialité du temps et de la justice éclairée des hommes livrés à leurs impressions naturelles52 » ne puisse fournir un examen objectif. En prônant un jugement « à la longue53 », Staël choisit une fortune littéraire à venir, caractérisée par le mot du baron de Voght :

Rapprochez-vous du Dieu qui vous inspire, ayez du charme pour vos amis, mais n’oubliez pas que votre salon c’est l’Europe, vos auditeurs la postérité54.

Dans cette œuvre totale, la correspondance occupe une place de choix : elle est le testament de l’âme. Pour s’affranchir du « système55 » qui menace les textes publiés, Staël préconise la lecture de la correspondance, définie comme le seul « genre d’écrit qui puisse suppléer […] à la connaissance personnelle56 » de l’auteur. D’abord lectrice puis éditrice de correspondance, elle recommande une lecture « par l’ensemble57 » et promeut l’écoute des voix qui bruissent à la surface du papier, dont celle de l’épistolier « qu’il faut écouter en le lisant58 ». Staël élabore donc le concept de présence dans la correspondance et promeut la lettre comme porte-parole d’un individu, avant et après sa mort. Pour elle, la lettre est un discours sonore qu’il faut s’efforcer d’« écouter par écrit59 » ; sa réception s’apparente alors à une expérience synesthésique où la vision et l’écoute se confondent et où le sens se construit par l’expérience du texte. La correspondance, libérée de son ancrage privé, participe ainsi du retentissement de l’œuvre en devenant ce « mémorial posthume60 » sans cesse contredit, rendu d’autant plus précieux par sa spontanéité et son naturel. Les lettres et autres fragments personnels profitent alors d’une résonance tardive mais intemporelle, dispensée par l’impression de vie donnée au lecteur et qui permet à l’auteur de se faire connaître par tous, comme il peut l’être de ses amis61, pour mieux s’en « faire aimer62 ».

Ces deux premiers écueils expliquent enfin que le caractère littéraire de la correspondance ait souvent été nié, et ce dès la Notice d’A. Necker de Saussure, jusqu’au récent article de Jean Goldzink dans lequel l’élan spontané de l’écriture et la démarche de l’épistolière ne construisent « aucune figure ou posture d’auteur63 ». Le refus, chez Staël, de toute pose auctoriale mérite pourtant d’être nuancé : il n’infirme pas son ambition épistolaire, pas plus que l’« absence de vanité64 » des lettres ne dévalue leur intérêt littéraire ni leur potentiel esthétique. Forts de leurs découvertes, d’autres commentateurs65– parmi lesquels figurent les éditeurs de la correspondance – ont perçu dans les lettres les signes d’une esthétisation de l’existence. Que dit Staël ? Dans sa correspondance, elle accorde une place étonnement conséquente au discours méta-textuel qui côtoie les nouvelles, les critiques littéraires, les réflexions politiques et les calculs financiers, indifféremment des destinataires. En prêtant une attention particulière à ces remarques – souvent situées à l’excipit de la lettre, la recommandation finale favorisant un retour sur ce qui vient d’être écrit – on surprend l’épistolière qui se dédouble pour juger « comme un tiers le ferait66 » les déconvenues de ses échanges. Cette réflexivité est encore soulignée par son inclination pour la relecture :

Adieu. Si vous prenez un parti sans moi, je ne vous reverrai de ma vie. […] Je reprends ma lettre pour raisonner67.

Que votre course en Suisse ne me prive pas d’une seule lettre. Ah ! vous ne savez pas combien j’en ai besoin. C’est un jour entier consacré à les relire, un autre à les espérer. Je ne vis que pour elles68.

Après son premier voyage en Allemagne, de nombreuses lettres s’intéresseront de même à la notion d’esthétique69 et à l’interaction entre le style et la pensée. Lorsque Staël rédige ses courriers, elle ne le fait donc pas inconsciemment, sans percevoir le lien qui l’entraine vers l’autre ni les attentes légitimes de ses épistoliers, auxquels elle avoue sa préférence pour une écriture « par mouvement70 ». Elle témoigne au contraire d’une véritable maturité épistolaire, et ce dès les lettres de « Minette71 » dans lesquelles l’enfant jette les prémisses d’une écriture fondée sur l’intelligence des âmes et la langue du cœur :

Les expressions me manquent – je ne puis vous dire à quel point – mais lisez dans mon cœur : il sera plus éloquent que toutes les langues de la terre72.

Cette déférence pour la spontanéité, qu’elle considère comme un gage de vérité, ne l’empêche pas d’épurer un discours qui « tend à se dépouiller73 ». Si l’épistolière s’autorise une énonciation instinctive, privilégiant les envolées lyriques sur la stérilité d’un discours monotone, elle s’applique à reprendre son texte – dans un même geste, presque simultanément74 – et à en retrancher certains propos : Staël affine sa pensée au cours de la lettre. En témoignent les nombreuses ratures, les mots biffés, les apostilles et autres signes de corrections qui indiquent les retours de sa plume. Cette spontanéité sous contrôle tient à un rapport clandestin à l’écriture, originellement interdite par l’autorité paternelle et qui impose une posture de retrait et la nécessité d’un but moral, aggravées par une pondération dans la confidence imposée par les évènements de la Révolution. Le « protocole d’abstraction75 » constitutif de son écriture autobiographique participe à l’esthétisation de l’existence : « la honte de parler de soi76 » se résout par la contrainte de « parler de soi poétiquement77 ». Staël conçoit donc la lettre comme un « exercice de l’esprit et du cœur78 » qui, en participant à la quête du sens, contribue au perfectionnement collectif. Cette quête se joint à une expérimentation linguistique qui privilégie l’« intime communication de cœur79 », défiant la distance et l’absence et s’aventurant par delà la communication traditionnelle afin de s’approprier une langue à la fois perpétuellement renouvelée et toujours étrangère. En renonçant à la correction normée de la langue, Staël s’en remet au témoignage du cœur qui repose sur la puissance figurative et allégorique des mots :

Je trouve dans la sincérité même, qui donne le besoin de rendre exactement chaque nuance de ses idées, la raison pour laquelle je suis incorrecte. On est à l’étroit dans la grammaire : elle m’étouffe et me paralyse80.

L’écriture épistolaire, mise au diapason de l’éloquence81 qui invite à « se faire plaisir réciproquement82 », relève donc le défi de la performance poétique, située entre l’idéal conversationnel hérité des salons et l’esthétique mélancolique. Staël présente ses lettres comme l’« histoire de [s]on âme83 » : elles deviennent le lieu d’une idéalisation de l’existence dans laquelle n’apparaissent plus seulement les évènements d’une vie quotidienne, mais la substance diffuse, parfois onirique et même romanesque d’un esprit qui se « monte en écrivant84 ». Si la correspondance renferme ainsi un « mérite littéraire85 », il s’apprécie sans doute par une lecture attentive aux stratégies narratives du « roman vécu86 » tel que Jasinski l’a construit en respectant les étapes et les nœuds personnels, retracées par l’épistolière avec éclat et nostalgie, voire avec douleur lorsqu’il s’agit d’extérioriser la « cruelle leçon d’une année87 » dans la correspondance avec Narbonne.

En définitive, la correspondance staëlienne présente un double intérêt pour les recherches sur l’épistolaire : elle fait l’objet d’une réflexion méta-textuelle dont se dégage une théorie qui, si elle n’a pas été comprise lors de sa première réception, devrait consolider les recherches actuelles qui interrogent encore – ou de nouveau – les entrelacs des voix88 dans la correspondance ; elle se présente en outre comme une unité incluse dans un ensemble épistolaire qui interroge l’évolution du format au crépuscule du XVIIIe siècle et à l’orée du XIXe siècle. Dans ses lettres, Staël communique ses pensées du jour, rehaussées par la présence d’un tiers et les différents protocoles qui permettent la poétisation du discours. La correspondance enregistre alors la progression d’un esprit qui se nourrit au contact d’autrui, dans une « débauche d’intelligence89 » entretenue par le besoin de se divertir. Staël écrit toujours à, pour ou sous l’égide de l’autre : la lettre participant alors d’une littérature adressée, dans laquelle le réseau épistolaire joue sans doute un rôle déterminant90.

1 Germaine de Staël, Correspondance générale, I/1, p. 194, à É. de Staël. Désormais abrégée en CG.

2 Mathieu de Montmorency, « Mathieu de Montmorency : Réflexions sur Madame de Staël », éd. Comtesse d’Andlau, Cahiers staëliens, n° 14, 1972, p. 7.

3 Béatrice W. Jasinski, CG-I/1, introduction, p. VIII. L’éditrice retrace l’origine et les grandes étapes de ce véto, p. VII-XIV.

4 Auguste de Staël, « Avertissement de l’éditeur », Œuvres complètes de Madame la baronne de Staël, Paris, Treuttel et Würtz, 1820, p. 6.

5 Albertine Necker-de Saussure, Notice sur le caractère et les écrits de Madame de Staël, Paris, Treuttel et Würtz, 1820, p. 230 : « Je l’ai souvent

6 Albertine de Staël-Holstein, Œuvres diverses de M. le Baron Auguste de Staël, Paris, Treuttel et Würtz, 1829, p. 36 : « Aucune des personnes dignes

7 « Avertissement de l’éditeur », p. 6.

8 Notice, p. 325.

9 Cahiers staëliens, n° 38, 1987, « Correspondances », p. 145-169 ; Cahiers staëliens, n° 62, 2012, « Coppet : correspondance et réseaux épistolaires 

10 Cette inclusion a pourtant été encouragée par deux articles pionniers : Georges Solovieff, « Madame de Staël épistolière », Madame de Staël et l’

11 Durant la seconde partie du XXe siècle, l’épistolaire a fait l’objet de nombreuses études, parmi lesquelles figurent des ouvrages qui justifient le

12 CG- I/1, introduction, p. IX.

13 Comtesse Jean de Pange, Madame de Staël, ses amis, ses correspondants, Choix de Lettres : 1778-1817, éd. Georges Solovieff, Paris, Klincksieck

14 « Mme de Staël épistolière », p. 307.

15 CG-I/1, introduction, p. XII-XIII.

16 Amélie C. Lenormant, Souvenirs de Madame de Récamier, Paris, Michel Lévy frères, 1859.

17 Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. II, Paris, Lévy Frères, 1863, p. 293.

18 Sainte-Beuve, « Camille Jordan et Madame de Staël », Revue des deux mondes, mars 1868/1, p. 42-93.

19 CG-I/1, introduction, p. XII, l’éditrice évoque la « menace de procès » dont il est victime.

20 Goldsmith C. Elizabeth et Colette H. Winn dir., Lettres de femmes, textes inédits et oubliés du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, Champion, 2005, p.

21 CG-II/1, p. 210.

22 Germaine de Staël, « Testament, le 12 Octobre 1816 à Coppet », Pierre Kohler, Madame de Staël et la Suisse, Lausanne et Paris, Payot, 1916, p.

23 Ibid., p. 673.

24 Mariella Vianello Bonifacio, « Mémoire et fragments de mémoires : Dix années d’exil. », Sortir de la Révolution : Casanova, Chénier, Staël

25 « Avertissement de l’éditeur », p. 3-4 : « … les perfectionner eût été une entreprise à la fois au-dessus de mes forces et contraire au scrupule

26 Simone Balayé, « Les manuscrits de Madame de Staël », Sortir de la Révolution, p. 106.

27 CG-I/1, introduction, p. XIV.

28 Voir les caricatures insérées dans l’article de Madelyn Gutwirth, « Circé et Corinne : Germaine de Staël face à la calomnie », Cahiers staëliens, n

29 Germaine de Staël, De l’Influence des passions sur le bonheur des individus et des nations [1796], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/1

30 Germaine de Staël, Des Circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution [1798], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, III/1, dir.

31 Voir notamment les études génétiques présentées dans les éditions suivantes : Delphine, [1802], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, II/2

32 Germaine de Staël, Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J Rousseau [1788], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/1, p. 39 : « Ces

33 CG-III/1, p.189, à Ribbing.

34 CG-I/2, p. 403, à É. de Staël ; CG-V/2, p. 690, à A. de Staël.

35 CG-III/2, p. 244, à Rœderer.

36 Ibid., p. 235, à A. de Mun.

37 Germaine de Staël, Mémoires sur la vie privée de mon père par Mme la baronne de Staël, Paris, Londres, Colburn, 1818, p. 27.

38 CG-VI, p. 527.

39 Germaine de Staël, préface aux Lettres et pensées du maréchal prince de Ligne [1809], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/2, dir.

40 Germaine de Staël, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales [1800], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël

41 Voir plusieurs passages qui attestent d’un enthousiasme mêlé d’appréhension, CG-IV/1, p. 284, à Mme Pastoret ; CG-V/2, p. 427, à C. Hochet, CG-VI

42 Jacques Necker, Mélanges de M. Necker, éd. Germaine de Staël, Paris, Londres, chez Colburn, 1818.

43 Mémoires sur la vie privée de mon père,p. 83.

44 CG-I/1, introduction, p. VIII-IX : « Tout en confirmant ce veto de principe, d’autres membres de la famille ne laissèrent pas d’éprouver quelque

45 Voir notamment CG-I/1, introduction, p. XII ; Simone Balayé, « Nécrologie de Béatrice W. Jasinski », Cahiers staëliens, n° 52, 2001, p. 187.

46 Suzanne Necker, Mélanges extraits des manuscrits de Madame Necker, éd. Jacques Necker, Paris, Pougens, 1798 ; Nouveaux mélanges extraits des

47 Albertine de Staël-Holstein, Lettres de la duchesse de Broglie : 1814-1838, publiées par son fils le duc de Broglie, Paris, Calmann-Lévy, 1896.

48 CG-III/I, p. 252.

49 Mémoires sur la vie privée de mon père, p. 130.

50 Delphine, préface, p. 15.

51 Ibid.

52 « Quelques réflexions sur le but moral de Delphine »,p. 715.

53 Ibid.

54 Baron de Voght, lettre du 20 février 1809, De l’Allemagne, t. I, p. 348.

55 Préface des Lettres et pensées, p. 551.

56 Ibid.

57 CG-I/1, p. 164-165, à É. de Staël.

58 Préface des Lettres et pensées, p. 550.

59 CG-V/2, p. 405, à J.-B.-A. Suard.

60 Jean Goldzink, « Comment ne pas écrire pour la postérité ? », Cahiers staëliens, n° 62, 2012, p. 32.

61 CG-III/1, p. 227, à Ribbing : « Je crois que tu pourrais, si tu le voulais, […] publier tes mémoires, et te faire connaître de tout le monde comme

62 Germaine de Staël, « Mon Journal », Cahiers staëliens,n° 28, 1980, p. 69 : « Le but que je m’étais proposé de faire aimer celui que ses ouvrages et

63 « Comment ne pas écrire pour la postérité ? », p. 30.

64 « Comment ne pas écrire pour la postérité ? », p. 31.

65 Voir les éditions suivantes : Simone Balayé, Lettres à Ribbing, Paris, Gallimard, 1960 ; Béatrice W. Jasinski, Correspondance Générale, t. II/1

66 CG-III/2, p. 272, à Roederer.

67 CG-II/2, p. 597, à Ribbing.

68 Ibid., p. 656, à Roederer.

69 CG-V/1, p. 92, à Suard ; CG-V/1, p. 101, à C. de Villers ; CG-V/1, p. 250, à C. Hochet.

70 CG-I/1, p. 28, à S. Reverdil.

71 Ibid., p. 3-14. Il s’agit du surnom que lui ont attribué ses parents, elle-même surnommera son fils Minou.

72 Ibid., p. 13, à S. Necker, (nous soulignons).

73 « Mme de Staël épistolière », p. 308.

74 Voir Maurice Delamain, « Essai graphologique sur l’écriture de Madame de Staël », Lettres à Narbonne, Paris, Gallimard, 1960, p. 39-42.

75 Stéphanie Genand, « “Une lecture qui nous intéress[e] comme un événement de notre vie” » : Rousseau et la réflexion biographique chez Germaine de

76 Germaine de Staël, Dix années d’exil [1812], réed. Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifacio, Paris, Fayard, 1996, p. 45.

77 CG-V/2, p. 415, à C. Hochet.

78 Georges Solovieff attribue cet énoncé à Germaine de Staël, « Mme de Staël épistolière », p. 310 : « Écrire une lettre est un exercice de l’esprit

79 CG-V/2, p. 685, à A. de Staël.

80 CG-VI, p. 478 à E. de Sabran.

81 CG-III/2, p. 272, à Roederer : « Qu’entend-on par le style ? N’est-ce pas le coloris et le mouvement des idées ? Or, trouvez-vous que je manque ou

82 De l’Allemagne, t. I, p. 160-161.

83 CG-I/1, p. 166 à É. de Staël.

84 On trouve l’expression dans les textes suivants : CG-V/2, p. 471 ; Notice, p. 327 ; Lettre du 15 Mai 1779 de Suzanne Necker à sa fille, dans Madame

85 « Mme de Staël épistolière », p. 307.

86 B. Jasinski, CG-I/1, introduction, p. XXXVI.

87 CG-II/2, p. 225 à Narbonne.

88 Voir Bernard Beugnot, « Les voix de l’autre : typologie et historiographie épistolaires », Art de la lettre, art de la conversation : à l’époque

89 Joachim Henrich Campe, Briefe aus Paris sur Zeit der Revolution gescrieben, Hildescheim, Gerstenberg, 1977.

90 Maire-Claire Hoocke-Demarle « Un lieu d’interculturalité franco-allemande : le réseau épistolaire de Coppet », Romantisme, n° 73, vol. 21, 1991, p.

1 Germaine de Staël, Correspondance générale, I/1, p. 194, à É. de Staël. Désormais abrégée en CG.

2 Mathieu de Montmorency, « Mathieu de Montmorency : Réflexions sur Madame de Staël », éd. Comtesse d’Andlau, Cahiers staëliens, n° 14, 1972, p. 7.

3 Béatrice W. Jasinski, CG-I/1, introduction, p. VIII. L’éditrice retrace l’origine et les grandes étapes de ce véto, p. VII-XIV.

4 Auguste de Staël, « Avertissement de l’éditeur », Œuvres complètes de Madame la baronne de Staël, Paris, Treuttel et Würtz, 1820, p. 6.

5 Albertine Necker-de Saussure, Notice sur le caractère et les écrits de Madame de Staël, Paris, Treuttel et Würtz, 1820, p. 230 : « Je l’ai souvent entendu parler avec une juste indignation de la coutume qui s’est dernièrement introduite, de publier sans respect pour les morts, et sans égards pour les vivants, les correspondances intimes des personnages célèbres. »

6 Albertine de Staël-Holstein, Œuvres diverses de M. le Baron Auguste de Staël, Paris, Treuttel et Würtz, 1829, p. 36 : « Aucune des personnes dignes d’avoir été en relation avec elle à un degré quelconque, ne pourrait se croire le droit de publier une seule de ses lettres. »

7 « Avertissement de l’éditeur », p. 6.

8 Notice, p. 325.

9 Cahiers staëliens, n° 38, 1987, « Correspondances », p. 145-169 ; Cahiers staëliens, n° 62, 2012, « Coppet : correspondance et réseaux épistolaires ».

10 Cette inclusion a pourtant été encouragée par deux articles pionniers : Georges Solovieff, « Madame de Staël épistolière », Madame de Staël et l’Europe. Actes du colloque de Coppet (18-24 juillet 1966), Paris, Klincksieck, 1970, p. 305-316 et Stéphanie Genand, « “Plus j’aime, plus je détourne ma pensée de ce dont je vais devoir me séparer” : correspondance et séparation chez Madame de Staël », Cahiers staëliens, n° 62, 2012, p. 11-28.

11 Durant la seconde partie du XXe siècle, l’épistolaire a fait l’objet de nombreuses études, parmi lesquelles figurent des ouvrages qui justifient le lien entre lettres réelles et lettres fictives (voir Geneviève Haroche-Bouzinac, L’Épistolaire, Paris, Hachette, 1995), mais aussi un ensemble d’études consacrées à la correspondance : voir not. Mireille Bossis et Jean-Louis Bonnat (dir.), Écrire, Publier, Lire les Correspondances, problématique et économie d’un « genre littéraire », actes du colloque international « Les Correspondances », Nantes les 4-7 octobre 1982, Nantes, Université de Nantes, 1983 ; Bernard Bray et Odile Richard-Pauchet (dir.), Épistoliers de l’âge classique, l’art de la correspondance chez Mme de Sévigné et quelques prédécesseurs, contemporains et héritiers, Tübingen, Günter Narr Verlag, 2007.

12 CG- I/1, introduction, p. IX.

13 Comtesse Jean de Pange, Madame de Staël, ses amis, ses correspondants, Choix de Lettres : 1778-1817, éd. Georges Solovieff, Paris, Klincksieck, 1970, p. IX-X.

14 « Mme de Staël épistolière », p. 307.

15 CG-I/1, introduction, p. XII-XIII.

16 Amélie C. Lenormant, Souvenirs de Madame de Récamier, Paris, Michel Lévy frères, 1859.

17 Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. II, Paris, Lévy Frères, 1863, p. 293.

18 Sainte-Beuve, « Camille Jordan et Madame de Staël », Revue des deux mondes, mars 1868/1, p. 42-93.

19 CG-I/1, introduction, p. XII, l’éditrice évoque la « menace de procès » dont il est victime.

20 Goldsmith C. Elizabeth et Colette H. Winn dir., Lettres de femmes, textes inédits et oubliés du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, Champion, 2005, p. XXIX.

21 CG-II/1, p. 210.

22 Germaine de Staël, « Testament, le 12 Octobre 1816 à Coppet », Pierre Kohler, Madame de Staël et la Suisse, Lausanne et Paris, Payot, 1916, p. 672-675.

23 Ibid., p. 673.

24 Mariella Vianello Bonifacio, « Mémoire et fragments de mémoires : Dix années d’exil. », Sortir de la Révolution : Casanova, Chénier, Staël, Constant, Béatrice Didier et Jacques Neefs (dir), Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 1994, p. 128.

25 « Avertissement de l’éditeur », p. 3-4 : « … les perfectionner eût été une entreprise à la fois au-dessus de mes forces et contraire au scrupule religieux qui doit me guider dans mon travail. »

26 Simone Balayé, « Les manuscrits de Madame de Staël », Sortir de la Révolution, p. 106.

27 CG-I/1, introduction, p. XIV.

28 Voir les caricatures insérées dans l’article de Madelyn Gutwirth, « Circé et Corinne : Germaine de Staël face à la calomnie », Cahiers staëliens, n° 57, 2007, p. 63-67.

29 Germaine de Staël, De l’Influence des passions sur le bonheur des individus et des nations [1796], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/1, dir. Florence Lotterie, Paris, Champion, 2009, p. 133.

30 Germaine de Staël, Des Circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution [1798], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, III/1, dir. Lucia Omacini, Paris, Champion, 2009.

31 Voir notamment les études génétiques présentées dans les éditions suivantes : Delphine, [1802], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, II/2, dir. Simone Balayé et Lucia Omacini, Paris, Champion, 2004, concernant l’autocensure politique ; De l’Allemagne [1813], réed. Comtesse Jean de Pange et Simone Balayé, Paris, Hachette, 1958-1960, 2 vol.

32 Germaine de Staël, Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J Rousseau [1788], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/1, p. 39 : « Ces lettres sur les écrits et le caractère de J. J. Rousseau […] furent publiées sans mon aveu et ce hasard m’entraîna dans la carrière littéraire. »

33 CG-III/1, p.189, à Ribbing.

34 CG-I/2, p. 403, à É. de Staël ; CG-V/2, p. 690, à A. de Staël.

35 CG-III/2, p. 244, à Rœderer.

36 Ibid., p. 235, à A. de Mun.

37 Germaine de Staël, Mémoires sur la vie privée de mon père par Mme la baronne de Staël, Paris, Londres, Colburn, 1818, p. 27.

38 CG-VI, p. 527.

39 Germaine de Staël, préface aux Lettres et pensées du maréchal prince de Ligne [1809], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/2, dir. Stéphanie Genand, Paris, Champion, 2013.

40 Germaine de Staël, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales [1800], réed. Œuvres Complètes de Madame de Staël, I/2, dir. Stéphanie Genand, Paris, Champion, 2013, p. 256.

41 Voir plusieurs passages qui attestent d’un enthousiasme mêlé d’appréhension, CG-IV/1, p. 284, à Mme Pastoret ; CG-V/2, p. 427, à C. Hochet, CG-VI, p. 79, à M. O’Donnell.

42 Jacques Necker, Mélanges de M. Necker, éd. Germaine de Staël, Paris, Londres, chez Colburn, 1818.

43 Mémoires sur la vie privée de mon père, p. 83.

44 CG-I/1, introduction, p. VIII-IX : « Tout en confirmant ce veto de principe, d’autres membres de la famille ne laissèrent pas d’éprouver quelque regret. » La Notice et les Œuvres diverses de M. le baron Auguste de Staël contiennent chacun des fragments de lettres.

45 Voir notamment CG-I/1, introduction, p. XII ; Simone Balayé, « Nécrologie de Béatrice W. Jasinski », Cahiers staëliens, n° 52, 2001, p. 187.

46 Suzanne Necker, Mélanges extraits des manuscrits de Madame Necker, éd. Jacques Necker, Paris, Pougens, 1798 ; Nouveaux mélanges extraits des manuscrits de Madame Necker, éd. Jacques Necker, Paris, Pougens, 1801.

47 Albertine de Staël-Holstein, Lettres de la duchesse de Broglie : 1814-1838, publiées par son fils le duc de Broglie, Paris, Calmann-Lévy, 1896.

48 CG-III/I, p. 252.

49 Mémoires sur la vie privée de mon père, p. 130.

50 Delphine, préface, p. 15.

51 Ibid.

52 « Quelques réflexions sur le but moral de Delphine », p. 715.

53 Ibid.

54 Baron de Voght, lettre du 20 février 1809, De l’Allemagne, t. I, p. 348.

55 Préface des Lettres et pensées, p. 551.

56 Ibid.

57 CG-I/1, p. 164-165, à É. de Staël.

58 Préface des Lettres et pensées, p. 550.

59 CG-V/2, p. 405, à J.-B.-A. Suard.

60 Jean Goldzink, « Comment ne pas écrire pour la postérité ? », Cahiers staëliens, n° 62, 2012, p. 32.

61 CG-III/1, p. 227, à Ribbing : « Je crois que tu pourrais, si tu le voulais, […] publier tes mémoires, et te faire connaître de tout le monde comme tu l’es de tes amis. »

62 Germaine de Staël, « Mon Journal », Cahiers staëliens, n° 28, 1980, p. 69 : « Le but que je m’étais proposé de faire aimer celui que ses ouvrages et ses actions se chargent sans moi de faire admirer est mieux rempli dans le mien... »

63 « Comment ne pas écrire pour la postérité ? », p. 30.

64 « Comment ne pas écrire pour la postérité ? », p. 31.

65 Voir les éditions suivantes : Simone Balayé, Lettres à Ribbing, Paris, Gallimard, 1960 ; Béatrice W. Jasinski, Correspondance Générale, t. II/1, Lettres inédites à Louis de Narbonne, Paris, J.-J Pauvert, 1960 ; Georges Solovieff, Lettres à Narbonne, Paris, Gallimard, 1960. Les éditions, publiées la même année, reconnaissent chacune à leur façon un caractère littéraire aux lettres.

66 CG-III/2, p. 272, à Roederer.

67 CG-II/2, p. 597, à Ribbing.

68 Ibid., p. 656, à Roederer.

69 CG-V/1, p. 92, à Suard ; CG-V/1, p. 101, à C. de Villers ; CG-V/1, p. 250, à C. Hochet.

70 CG-I/1, p. 28, à S. Reverdil.

71 Ibid., p. 3-14. Il s’agit du surnom que lui ont attribué ses parents, elle-même surnommera son fils Minou.

72 Ibid., p. 13, à S. Necker, (nous soulignons).

73 « Mme de Staël épistolière », p. 308.

74 Voir Maurice Delamain, « Essai graphologique sur l’écriture de Madame de Staël », Lettres à Narbonne, Paris, Gallimard, 1960, p. 39-42.

75 Stéphanie Genand, « “Une lecture qui nous intéress[e] comme un événement de notre vie” » : Rousseau et la réflexion biographique chez Germaine de Staël », Florence Lotterie et Guillaume Poisson (dir.), Jean-Jacques Rousseau devant Coppet, Genève, Slatkine, 2012, p. 39.

76 Germaine de Staël, Dix années d’exil [1812], réed. Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifacio, Paris, Fayard, 1996, p. 45.

77 CG-V/2, p. 415, à C. Hochet.

78 Georges Solovieff attribue cet énoncé à Germaine de Staël, « Mme de Staël épistolière », p. 310 : « Écrire une lettre est un exercice de l’esprit et du cœur ».

79 CG-V/2, p. 685, à A. de Staël.

80 CG-VI, p. 478 à E. de Sabran.

81 CG-III/2, p. 272, à Roederer : « Qu’entend-on par le style ? N’est-ce pas le coloris et le mouvement des idées ? Or, trouvez-vous que je manque ou d’éloquence, ou de sensibilité, ou d’imaginations ? »

82 De l’Allemagne, t. I, p. 160-161.

83 CG-I/1, p. 166 à É. de Staël.

84 On trouve l’expression dans les textes suivants : CG-V/2, p. 471 ; Notice, p. 327 ; Lettre du 15 Mai 1779 de Suzanne Necker à sa fille, dans Madame de Staël, ses amis, ses correspondants, p. 30.

85 « Mme de Staël épistolière », p. 307.

86 B. Jasinski, CG-I/1, introduction, p. XXXVI.

87 CG-II/2, p. 225 à Narbonne.

88 Voir Bernard Beugnot, « Les voix de l’autre : typologie et historiographie épistolaires », Art de la lettre, art de la conversation : à l’époque classique en France, actes du colloque de Wolfenbüttel, octobre 1991, Bernard Bray et Christophe Stosetzki (dir.), Paris, Klincksieck, 1995, p. 47-60.

89 Joachim Henrich Campe, Briefe aus Paris sur Zeit der Revolution gescrieben, Hildescheim, Gerstenberg, 1977.

90 Maire-Claire Hoocke-Demarle « Un lieu d’interculturalité franco-allemande : le réseau épistolaire de Coppet », Romantisme, n° 73, vol. 21, 1991, p. 19-28.

Cyrielle Peschet

Université de Rouen.

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