La dernière lettre de Charles de Villers à Germaine de Staël

Monique Bernard

p. 231-237

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Monique Bernard, « La dernière lettre de Charles de Villers à Germaine de Staël  », Cahiers Staëliens, 66 | 2016, 231-237.

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Monique Bernard, « La dernière lettre de Charles de Villers à Germaine de Staël  », Cahiers Staëliens [En ligne], 66 | 2016, mis en ligne le 15 avril 2019, consulté le 03 décembre 2020. URL : https://cahiersstaeliens.edinum.org/144

Dans les archives de la famille Perthes à Hambourg1 se trouve une lettre peu connue de Charles de Villers à Germaine de Staël. Il s’agit d’un original et non d’un brouillon. Elle est datée du 25 avril 1814 et lui est adressée à Londres, où elle se trouvait alors, mais n’est jamais parvenue à sa destinataire. Je l’avais retrouvée au moment où je terminais la rédaction de ma thèse sur Charles de Villers2 et n’avais pas pu l’utiliser alors. Elle a été publiée pour la première fois par Kurt Kloocke dans son livre de Correspondance3 en 1993, et à ma connaissance n’a pas été citée dans des études ultérieures. Aussi n’est-il pas inutile de la présenter, et d’en détailler l’historique.

Cette lettre de Villers est une réponse à celle que lui avait adressée de Londres Germaine de Staёl le 6 avril 18144. Elle lui parlait de son livre De l’Allemagne dont une réédition était en préparation chez Brockhaus à Leipzig. Villers l’avait déjà annoncée par une critique élogieuse dans les Göttingische Gelehrte Anzeigen du 26 février 1814, pour laquelle il s’appuyait sur l’exemplaire de Benjamin Constant, et il en écrivit aussi la préface5. Dans sa lettre, G. de Staёl prie Villers de l’informer de la diffusion de son livre en Allemagne, de ce qu’on en dit et de corriger les fautes qu’elle a pu faire. Elle se propose d’aller le voir l’année suivante à Göttingen, où il était professeur, pour l’en remercier et ajoute : « Écrivez-moi et sachez que je n’ai jamais cessé de vous aimer et de vous admirer – si je puis vous être bonne à quoi que ce soit, disposez de moi comme d’une sœur, si j’ai l’honneur de l’être par ma sympathie avec vous6 ».

Cette phrase semble avoir particulièrement touché Villers qui en fait aussitôt part à son éditeur et ami Friedrich Perthes, libraire à Hambourg. Dans une lettre qu’il lui adresse le 26 avril7 il ajoute en post-scriptum : « Je reçois à l’instant une lettre de Mme de Staёl, pleine de joie et d’amitié. “ Disposez-de moi comme d’une sœur8 ”, dit-elle. Elle veut nous rendre visite dans un an – printemps 1815. Elle me sera d’un grand secours auprès du Prince-Régent9 ».

Villers reçoit la lettre de Germaine de Staёl probablement autour du 25 avril 1814 et y répond sur-le-champ, mais, ignorant son adresse à Londres, il confie cette lettre à Perthes10 dont l’associé, Johann Heinrich Besser, doit partir prochainement pour l’Angleterre, en la joignant au courrier qu’il lui adresse le même jour. Sur le couvert est écrit :

A Madame la baronne de Staël-Holstein
(S’informer de sa demeure à l’hôtel de la Légation Suédoise à Londres.)

Dans un courrier daté du 10 mai, Perthes remercie Villers pour les bonnes lettres à l’adresse de l’Angleterre et lui annonce que Besser est en mer11. « Que Dieu lui accorde une heureuse traversée », ajoute-t-il. Besser n’arrivera donc à Londres qu’après le départ de Germaine de Staёl pour la France. La lettre de Villers ne lui sera pas remise et Besser la ramènera à Hambourg à son compagnon d’affaires et beau-frère, Friedrich Perthes, dans les archives duquel elle se trouve encore aujourd’hui.

Il est bien dommage que sa destinataire n’ait pu la lire.

On sait qu’après leur rencontre à Metz en novembre 1803, les relations entre Villers et Staël, chaleureuses jusque-là, s’étaient quelque peu refroidies et que leurs lettres s’étaient espacées, puis la correspondance avait cessé pendant quelques années, avant de reprendre en 1810 en redevenant amicale. Mais ils ne s’étaient jamais perdus de vue et avaient continué de lire leurs écrits respectifs. Le 11 mai 1810, elle se rappelle à son bon souvenir en évoquant les journées passées avec lui à Metz six ans plus tôt, « ces jours que je n’oublierai jamais12 ». Elle lui écrit encore le 12 août et le 21 octobre de la même année, alors que son livre sur l’Allemagne vient d’être saisi. Villers semble ne pas avoir répondu tout de suite. Ils avaient continué aussi à se rendre mutuellement des services. En 1812, sans doute à la demande de Villers13, elle avait entrepris des démarches pour se renseigner sur son frère qu’on croyait disparu pendant la retraite de Russie, pour lui en donner des nouvelles. Villers à son tour servit d’intermédiaire pour faire passer discrètement des lettres entre elle et Benjamin Constant et éviter qu’elles ne soient saisies par la censure14. Quand elle apprendra que Villers a été destitué de son poste de professeur à Göttingen15, elle s’emploiera à remuer ciel et terre pour que cette injustice soit corrigée. Et Villers, qui l’avait suivie par la pensée dans sa découverte de l’Allemagne, fut heureux d’annoncer au public allemand le livre de son amie dont il avait été l’un des principaux initiateurs.

La présente lettre nous confirme que Villers a bien répondu aux missives de G. de Staёl en 1814 et nous éclaire sur sa double motivation : l’intérêt qu’il porte à la publication de son livre en Allemagne, et la précarité de sa situation personnelle qui l’incite à rechercher des relations pouvant lui être utiles. Il s’était déjà adressé à elle dans ce sens quinze jours plus tôt16, comme il le rappelle dès les premières lignes, pour lui apprendre sa destitution et solliciter sans doute son intervention auprès de ses relations londoniennes. Parlant d’abord du coup qui vient de le frapper, Villers met son espoir dans la main de son amie qui le guérira, avant de lui suggérer de dire un mot en sa faveur au comte de Münster17, « l’homme qui a le plus d’influence dans cette affaire », si elle le voit. La réponse du 30 avril montre que G. de Staёl y a déjà pensé18 et qu’elle croit le rencontrer à Paris. Elle n’avait d’ailleurs pas attendu l’arrêt fatal pour s’occuper de la situation de Villers. Dès janvier 1814, pressentant ce qui risquait d’arriver, elle avait écrit en sa faveur une élogieuse lettre de recommandation au comte de Münster, dans laquelle elle présentait Villers comme « un des hommes les plus marquants de la littérature européenne19 », lettre qu’elle fit passer par l’intermédiaire de Constant qui la transmit lui-même à Villers20.

Mais ce dernier répond surtout à Staёl, qui continuait de le considérer comme un personnage influent en Allemagne, pouvant jouer de son crédit auprès des éditeurs, pour lui parler de la réédition de son livre. Villers, qui a peut-être déjà entrepris des démarches dans ce sens, lui recommande ses amis libraires, le porteur de la lettre, Mr. Besser, « homme d’une probité parfaite et mon ami », et surtout Friedrich Perthes, « un des hommes qui ayent eu la conduite la plus héroïque dans tous ces événements, et la plume et les armes à la main ». « Daignez leur confier tout ce que vous destinez à l’Allemagne », poursuit-il, « à cette Allemagne qui vous admire et qui vous aime. Vous vous êtes plue à me nommer son interprète ; mais c’est surtout quand il s’agit de ces deux sentiments que je veux l’être, et que je veux être plus allemand que tous les allemans ensemble. – J’en dépose l’hommage à vos piés. »

Ainsi se termine cette lettre dans laquelle les verbes « aimer » et « admirer » font directement écho à la lettre de G. de Staël du 6 avril21, deux verbes exprimant des sentiments que, malgré la brouille passagère, ils n’ont cessé d’éprouver l’un pour l’autre22, tandis que l’identification de Villers aux « allemans » pour exprimer ses sentiments semble une réminiscence des lignes qu’elle lui écrivait en 1803, après s’être douloureusement séparée de lui à Metz : « Ne suis-je pas aussi un peu allemande, moi, quand je persiste à vous aimer malgré vos torts envers moi23 ».

Le ton qui émane de cette dernière lettre de Villers témoigne de l’évolution qui s’est accomplie dans ses sentiments depuis les derniers mois de l’année 1803. La rencontre de Metz, qui s’était terminée dans la tristesse et le désenchantement, et semblait avoir mis fin à un enthousiasme réciproque, avait en tout cas rompu pour un certain temps des échanges de vue qui promettaient d’être fructueux. Les dernières lettres de Villers à Germaine de Staёl qui datent de cette époque s’étaient, comme elle le lui faisait remarquer24, chargées d’amertume, tandis que ses lettres à elle étaient pleines de reproches. Le temps a effacé les bouderies, les déceptions, les aigreurs, et les sentiments de Villers font écho à ceux de Staël. Il a retrouvé pour lui écrire le ton des lettres de 1802, ce mélange de soumission respectueuse et admirative et d’abandon familier. Villers déçu dans ses affections, ses rêves, voyant ses efforts inutiles et sa vie brisée, se confie à son « ange tutélaire », qui de plus porte le nom prédestiné de Germaine. C’est la première fois qu’il apostrophe ainsi Staёl : « Vous, noble Germaine ». Au début de leur correspondance, alors qu’il regrettait de ne pas connaître ce prénom, Villers aimait s’adresser à « la Théano de notre age25 ». Dans une lettre ultérieure il lui expliquera ce choix : « Vous que je ne puis nommer ni du nom de votre père, ni de celui de votre époux, dont j’ignore le nom personnel, et que je me plais à individualiser par celui de Théano – de la fille d’un sage persécutée par ceux qu’elle avait instruits26 ». Villers, qui vient peut-être tout juste de découvrir ce prénom de Germaine, semble émerveillé de l’heureuse coïncidence, car quel autre prénom aurait pu mieux convenir à celle qui va révéler l’Allemagne aux Français ? Par son livre, Germaine de Staёl est devenue digne à ses yeux de figurer au Parnasse germanique. Touché par les mots qu’elle lui avait adressés, l’invitant à disposer d’elle « comme d’une sœur », n’ayant plus désormais à craindre les assauts de séduction qu’elle avait déployés à Metz27 pour le décider à l’accompagner en Allemagne, il éprouve à son tour des sentiments fraternels, qui l’autorisent à renoncer au trop formel « Madame28 » pour l’interpeller par son prénom. Ce sera la première et la dernière fois, puisque Villers mourra le 26 février 1815, avant d’avoir pu la revoir.

Voici le texte intégral de cette lettre :

A Madame la baronne de Staël-Holstein
(S’informer de sa demeure à l’hôtel de la Légation Suédoise à Londres.)
Gœttingue. 25 avril 14
Je vous ai écrit, il y a environ quinze jours de Hannovre où j’étais alors. Vous aurez vu le coup qu’on m’a porté. C’est votre main qui le guérira. C’est vous qui serez désormais mon ange tutelaire. Je ne sais si vous voyez quelque fois là-bas le Cte de Munster. C’est l’homme qui a le plus d’influence dans cette affaire. Je le connais un peu, et je lui ai écrit.
Je vous envoye ce petit mot par Mr. Besser, libraire de Hambourg, homme d’une probité parfaite et mon ami. Il est le compagnon du brave et excellent Perthes, de Hambourg, que vous connaissez de réputation, un des hommes qui ayent eu la conduite la plus héroϊque dans tous ces événemens, et la plume et les armes à la main ; et qui ait le plus fait, non seulement pour Hambourg, mais pour la liberté générale. Je ne crains pas d’adresser de tels hommes à Vous, noble Germaine, qui êtes si bien faite pour les apprécier. Leur maison s’empresse d’établir avec toutes les têtes couronnées de la République des Lettres des relations beaucoup plus que mercantiles. Daignez leur confier tout ce que vous destinez à l’Allemagne, à cette Allemagne qui vous admire et qui vous aime. Vous vous êtes plue à me nommer son interprête ; mais c’est surtout quand il s’agit de ces deux sentiments que je veux l’être, et que je veux être plus allemand que tous les allemans ensemble. – J’en dépose l’hommage à vos piés.
Villers

1 Staatsarchiv Hamburg, Fam. Perthes, Mappe 40a, Bl. 132.

2 Monique Bernard, Charles de Villers et l’Allemagne. Contribution à l’étude du Préromantisme européen. Thèse de 3e cycle, Montpellier 1976. http://

3 Madame de Staёl, Charles de Villers, Benjamin Constant. Correspondance, Établissement du texte, introduction et notes par Kurt Kloocke avec le

4 Correspondance, p. 221-222.

5 Voir K.Kloocke, « Charles de Villers sur De l’Allemagne de Madame de Staёl »,Cahiers Staёliens, n°64, 2014, p.113-131.

6 Correspondance, p. 222.

7 Staatsarchiv Hamburg, Fam. Perthes, Mappe 7 b, Bl. 72, manuscrit autographe inédit.

8 En français, et souligné par Villers dans cette lettre rédigée en allemand.

9 S.A.S. le Prince-Régent de Grande-Bretagne et du Hanovre, le futur George IV.

10 Villers envoyait cette lettre à Perthes avec un certain nombre de lettres d’autres personnes, destinées à des correspondants se trouvant alors en

11 Isler, Briefe an Charles de Villers, Hamburg, 1879, p. 236-237.

12 Correspondance, p. 110.

13 Ces lettres ne sont plus accessibles aujourd’hui, mais Simone Balayé m’a affirmé les avoir vues.

14 Voir lettre de Constant à Villers du 13 mars 1813. Correspondance, p. 136.

15 Lui-même vient de l’apprendre le 27 mars 1814. C’est à cette situation que Villers fait allusion en parlant à Perthes de l’aide que peut lui

16 Villers fait allusion à une lettre qu’il lui a écrite d’Hanovre pour le lui annoncer. Bien qu’on ne trouve plus trace de cette lettre, Staёl semble

17 Ernst Friedrich Herbert Graf von Münster (1766-1839), ministre, résidant habituellement à Londres, du gouvernement de Hanovre dont dépendait

18 « si je trouve Mr de Munster je le répète encore, je lui parlerai de vous avec l’admiration que j’ai pour vous et vous savez si elle est sentie… »

19 Correspondance, p. 193.

20 Correspondance, p. 191 et lettre de Constant à Villers du 11 avril 1814, Correspondance, p. 225.

21 Voir plus haut, Correspondance, p. 222.

22 Lettre de G. de Staël à Villers du 12 août 1810 : « Je vous ai aimé parce que je vous estime et vous admire ». Correspondance, p. 112.

23 Correspondance, p. 90.

24 Le 28 décembre 1803. Correspondance, p. 89.

25 Correspondance, p.15.

26 Correspondance, p. 49.

27 Voir à ce sujet ma communication : « Le drame de Metz. Villers et Madame de Staël ». Actes du colloque « Charles de Villers : un homme, deux

28 Une seule fois, après la rencontre de Metz, il l’apostropha dans une lettre des noms de « ravissante amie » et « étoile brillante de ma vie

1 Staatsarchiv Hamburg, Fam. Perthes, Mappe 40a, Bl. 132.

2 Monique Bernard, Charles de Villers et l’Allemagne. Contribution à l’étude du Préromantisme européen. Thèse de 3e cycle, Montpellier 1976. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00981985

3 Madame de Staёl, Charles de Villers, Benjamin Constant. Correspondance, Établissement du texte, introduction et notes par Kurt Kloocke avec le concours d’un groupe d’étudiants, Frankfurt, Peter Lang, 1993.

4 Correspondance, p. 221-222.

5 Voir K.Kloocke, « Charles de Villers sur De l’Allemagne de Madame de Staёl »,Cahiers Staёliens, n°64, 2014, p.113-131.

6 Correspondance, p. 222.

7 Staatsarchiv Hamburg, Fam. Perthes, Mappe 7 b, Bl. 72, manuscrit autographe inédit.

8 En français, et souligné par Villers dans cette lettre rédigée en allemand.

9 S.A.S. le Prince-Régent de Grande-Bretagne et du Hanovre, le futur George IV.

10 Villers envoyait cette lettre à Perthes avec un certain nombre de lettres d’autres personnes, destinées à des correspondants se trouvant alors en Angleterre. Besser était chargé de les transporter.

11 Isler, Briefe an Charles de Villers, Hamburg, 1879, p. 236-237.

12 Correspondance, p. 110.

13 Ces lettres ne sont plus accessibles aujourd’hui, mais Simone Balayé m’a affirmé les avoir vues.

14 Voir lettre de Constant à Villers du 13 mars 1813. Correspondance, p. 136.

15 Lui-même vient de l’apprendre le 27 mars 1814. C’est à cette situation que Villers fait allusion en parlant à Perthes de l’aide que peut lui apporter G. de Staёl auprès du Prince-Régent.

16 Villers fait allusion à une lettre qu’il lui a écrite d’Hanovre pour le lui annoncer. Bien qu’on ne trouve plus trace de cette lettre, Staёl semble bien l’avoir reçue puisqu’elle répondra à Villers sur ce sujet le 30 avril. Correspondance, p. 235.

17 Ernst Friedrich Herbert Graf von Münster (1766-1839), ministre, résidant habituellement à Londres, du gouvernement de Hanovre dont dépendait Göttingen après le retrait des Français en 1813. En tant que ministre plénipotentiaire, il représenta le Hanovre au Congrès de Vienne.

18 « si je trouve Mr de Munster je le répète encore, je lui parlerai de vous avec l’admiration que j’ai pour vous et vous savez si elle est sentie… », Correspondance, p. 235.

19 Correspondance, p. 193.

20 Correspondance, p. 191 et lettre de Constant à Villers du 11 avril 1814, Correspondance, p. 225.

21 Voir plus haut, Correspondance, p. 222.

22 Lettre de G. de Staël à Villers du 12 août 1810 : « Je vous ai aimé parce que je vous estime et vous admire ». Correspondance, p. 112.

23 Correspondance, p. 90.

24 Le 28 décembre 1803. Correspondance, p. 89.

25 Correspondance, p.15.

26 Correspondance, p. 49.

27 Voir à ce sujet ma communication : « Le drame de Metz. Villers et Madame de Staël ». Actes du colloque « Charles de Villers : un homme, deux cultures. Colloque du bicentenaire », Metz, 25-26 juin 2015, à paraître.

28 Une seule fois, après la rencontre de Metz, il l’apostropha dans une lettre des noms de « ravissante amie » et « étoile brillante de ma vie intellectuelle »,Correspondance, p. 74-75.

Monique Bernard

Georg-August Universität, Göttingen.